Île-de-France : 17 bouches à incendie ouvertes illégalement en pleine canicule
17 bouches à incendie ouvertes illégalement en Île-de-France

Vague de chaleur en Île-de-France : au moins 17 bouches à incendie ouvertes illégalement en petite couronne

En pleine vague de chaleur historique, au moins 17 bouches à incendie ont été ouvertes illégalement en petite couronne parisienne dimanche et lundi. À Stains, en Seine-Saint-Denis, la police a dû sortir le LBD pour disperser des jeunes. Deux individus ont été interpellés.

Le mercure flirte avec des sommets inédits pour un mois de mai et, avec lui, les incivilités. Ces derniers jours, alors que la France traverse les journées de mai les plus chaudes depuis au moins un siècle — la température moyenne nationale a atteint 24,4 °C avec des maximales avoisinant les 35 °C —, seize ouvertures illégales de bouches à incendie ont été recensées par les forces de l’ordre en petite couronne parisienne.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des jeunes jouant sous d’immenses jets d’eau dans les rues de Stains ou de La Courneuve, tandis que les voitures passent prudemment sous les gerbes. Un spectacle estival en apparence bon enfant, mais aux conséquences potentiellement graves. Un réflexe qui se répète à chaque coup de chaud, et qui cette année encore inquiète élus et autorités.

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Des incidents dans plusieurs départements

D’après nos informations, Paris intra-muros est resté épargné. C’est au-delà du périphérique que le phénomène a pris de l’ampleur. Dans les Hauts-de-Seine, deux incidents ont été relevés, à Asnières-sur-Seine et à Fontenay-aux-Roses ainsi qu’un autre à Clichy. Le maire adjoint de la commune, Patrice Pinard, a publié sur X que des exploitations de vidéoprotection étaient « en cours afin d’identifier les auteurs » d’une ouverture sauvage « totalement inacceptable » dans sa commune, promettant que « des poursuites judiciaires seront engagées ».

Dans le Val-de-Marne, quatre cas ont été recensés, avec deux interpellations à la clé : un homme pris en flagrant délit allée du Douanier Rousseau à Alfortville, un autre rue Diderot à Villeneuve-Saint-Georges, relâché avec une convocation ultérieure.

Mais c’est en Seine-Saint-Denis que la situation a été la plus électrique, avec dix signalements. À Stains, rue Jean-Jaurès, l’ouverture d’une bouche à incendie a rapidement dégénéré. Une source proche du dossier indique que des jeunes auraient « pris à partie les policiers locaux », contraignant ces derniers à faire usage d’une arme de service et d’un lanceur de balles de défense (LBD) pour disperser le groupe. Aucun blessé n’est à déplorer. La bouche a finalement été fermée peu après 16 heures par les services municipaux.

Une pratique « dangereuse et interdite »

Des faits similaires ont aussi été filmés en grande couronne comme à Massy (Essonne) ou encore à Argenteuil (Val-d’Oise). Le Sdis 95 et la police nationale du Val-d’Oise ont publié un message commun sur les réseaux sociaux pour rappeler les dangers de ce phénomène, baptisé « street pooling ».

« Au-delà de l’énorme gaspillage d’eau, il est important de rappeler que cette pratique est dangereuse et interdite », écrivent-ils, listant les risques d’électrocution, de blessures dues à la pression de l’eau et d’accidents de la circulation. En 2019, à Saint-Denis, un enfant de 6 ans avait été hospitalisé après avoir été projeté en l’air par un geyser d’eau. « Les bouches d’incendie servent à la sécurité de tous et sont exclusivement réservées aux pompiers », alertent donc les pompiers.

Des conséquences graves pour la sécurité

Au-delà du danger immédiat, c’est toute la chaîne des secours qui peut être fragilisée. Les chiffres donnent le vertige. Le Sdis de la Seine-et-Marne indiquait qu’« ouvrir un poteau incendie pendant une heure, c’est déverser 30 000 à 60 000 litres d’eau dans la rue ». Une hémorragie hydrique qui fait chuter la pression dans le réseau et peut priver les pompiers du débit nécessaire pour intervenir sur un incendie à proximité. La loi est pourtant claire : l’ouverture sans motif légitime d’un point d’eau incendie est passible, rappellent les pompiers du Val-d’Oise, de « jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende ».

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Des risques que les températures, aussi records soient-elles, ne sauraient justifier. La vague de chaleur devrait encore s’intensifier cette semaine, avec des températures pouvant approcher les 40 °C dans le Centre et le Sud-Ouest jeudi et vendredi. De quoi craindre de nouveaux débordements. En Île-de-France, Paris et la petite couronne ont été placés en vigilance jaune canicule jusqu’à jeudi.