Un premier coup de filet dans le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire
Seize personnes de l'école Saint-Dominique à Paris ont été placées en garde à vue mercredi dans le cadre du scandale des violences sexuelles dans le périscolaire. Parmi elles, plusieurs étaient déjà suspendues. Ce coup de filet s'inscrit dans le cadre de différentes enquêtes préliminaires pour des faits de natures et de gravités différentes, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du journal Le Monde.
Un viol sur une fillette de trois ans
Les enquêtes sont diligentées par la Brigade de protection des mineurs (BPM) sous la direction du ministère public. Cette école est l'un des épicentres du scandale. Anne (prénom changé) a témoigné en avril : sa fille de trois ans a été violée dans le cadre du périscolaire. « Il m'a touché la zézette et a mis sa main à l'intérieur de mes fesses », ont été les mots de l'enfant. La mère a d'abord consulté une pédiatre qui n'a pas fait le rapprochement avec une agression sexuelle. Il a fallu attendre la diffusion d'un Cash investigation le 29 janvier, où l'on voit une animatrice embrasser un enfant sur la bouche, pour que la parole se libère. Dès le lendemain, une réunion à l'école a révélé que deux plaintes déposées l'année précédente contre un animateur n'avaient jamais été communiquées aux parents.
Un climat de terreur
Anne décrit un climat de terreur au sein du périscolaire, où des animateurs menaçaient les enfants de tuer leurs parents s'ils parlaient. Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a participé à une réunion dans l'établissement. Bien qu'il n'ait pas souhaité s'exprimer après, une mère d'élève a confié : « Grégoire a essayé d'être concret. Il n'a pas convaincu tout le monde mais au moins il s'est excusé. Maintenant on attend des actes. » Les parents ont salué la venue d'un élu de la République qui a reconnu la gravité de la situation et présenté ses excuses. Le maire s'est engagé à revenir à la mi-juin.
Une enquête étendue à de nombreuses écoles
Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches, a précisé la procureure de Paris, Laure Beccuau, sur RTL. « À l'heure actuelle, nous avons eu trois ouvertures d'informations judiciaires et cinq convocations devant le tribunal correctionnel », a-t-elle développé, ajoutant qu'un animateur avait été placé en détention provisoire.
Une priorité absolue pour la mairie
Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère systémique, selon Emmanuel Grégoire. Face à l'ampleur du scandale, il a engagé mi-avril un plan d'action de 20 millions d'euros pour le périscolaire, qualifié de priorité absolue de son début de mandat. Ce plan prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d'écoute dédiée, une transparence totale aux familles et une professionnalisation d'une filière précarisée. La grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires.
Des revendications persistantes
Les parents continuent de réclamer davantage de mesures. Au-delà de Paris, les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole exigent des mesures nationales et une approche interministérielle. À Paris, les syndicats dénoncent une politique de répression de la municipalité, pratiquant des suspensions automatiques dans une filière en sous-effectif chronique. Ils ont appelé à la grève jusqu'au 22 mai.



