12 ans de prison pour un ex-chauffeur de bus pour viols sur des handicapés
12 ans de prison pour viols sur des jeunes handicapés

Un ancien chauffeur de bus a été condamné vendredi à douze ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris pour des agressions sexuelles, violences et viols commis sur de jeunes personnes handicapées, dont deux mineures. Denis L., 70 ans, travaillait pour une société de transport scolaire spécialisée dans le transport d'enfants en situation de handicap. Il a également écopé d'un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins, d'une interdiction d'exercer une activité professionnelle en contact avec des mineurs, et a été inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais).

Des victimes particulièrement vulnérables

Lors du procès, l'avocat d'une partie civile, Me Mathias Darmon, a déclaré : « Ces enfants avaient juste besoin d'être protégés et c'est l'inverse qui est arrivé. » Il a ajouté : « Déjà les enfants sont plus vulnérables mais là, vous vous en êtes pris à des polyhandicapés ! » L'affaire a débuté en avril 2022 avec une plainte déposée par la mère de Zoé, une adolescente de 15 ans atteinte d'un handicap cérébral provoquant une paralysie partielle. Elle accusait Denis L. de la caresser aux seins et au pubis lors des trajets en bus, puis de l'avoir violée digitalement à plusieurs reprises.

Une autre victime, Julia (prénom modifié), alors âgée de 12 ans et lourdement handicapée, a rapporté des caresses sur la poitrine. Une troisième jeune fille, tout juste majeure, a affirmé avoir été embrassée de force. Enfin, Majib (prénom modifié), un jeune homme, a raconté avoir été contraint de regarder des vidéos pornographiques.

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Un prédateur opportuniste selon l'accusation

À la barre, Denis L. a d'abord reconnu les agressions sexuelles et l'épisode de la vidéo, demandant « pardon aux enfants et à leurs parents ». Il a déclaré : « Ça m'excitait pas, je sais pas pourquoi j'ai fait ça. » Cependant, au fil de l'audience, il a minimisé ses actes, les qualifiant d'« accidents ». Il a nié les viols sur Zoé. L'avocate générale a décrit l'accusé comme « un prédateur. Un opportuniste qui a saisi des occasions données pour assouvir ses pulsions sur des personnes vulnérables ». Elle a rappelé que « chaque matin, les familles confiaient ce qu'elles avaient de plus cher, de plus précieux. Il y avait un contrat moral de confiance » qui a été trahi.

Des témoignages poignants

Majid, qui ne peut pas parler, a témoigné via une tablette à pictogrammes. L'appareil a émis des mots comme « colère » lorsque le président lui a demandé son ressenti après avoir visionné la vidéo pornographique. Julia, aujourd'hui âgée de 16 ans, n'a pas pu témoigner ; ses parents l'ont représentée. Sa mère a confié : « Aujourd'hui, je ne la laisse avec personne. Elle est équipée d'un GPS, je ne fais plus confiance à personne, je l'appelle tout le temps. » Zoé, la dernière partie civile entendue, a raconté les huit mois de calvaire : « Il m'a caressé les seins, il me tripotait quand il conduisait, il m'a embrassé sur la bouche, il m'a touché les parties génitales. » Elle a confirmé les viols digitaux. « Je trouve que c'est pas bien ce qu'il a fait à tous les jeunes. Je voudrais qu'il soit en prison et qu'il ne fasse plus de mal à aucun jeune », a-t-elle conclu.

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