La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les Femmes et les Hommes, Aurore Bergé, a provoqué une vive polémique en déclarant sur RTL, le 21 mai 2026, que c'était à Patrick Bruel, accusé de viols et d'agressions sexuelles par une trentaine de femmes, de « décider s'il souhaite être sur scène ». Cette réaction, jugée tiède, intervient alors que plusieurs plaintes ont été déposées contre le chanteur et que les appels à l'annulation de ses concerts se multiplient.
Des maires réclament l'annulation des concerts
Mercredi, plusieurs maires ont invité Patrick Bruel, visé par des enquêtes en France et en Belgique, à renoncer à se produire dans leur ville. Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a ainsi invité le chanteur à « mettre entre parenthèses sa carrière », « y compris pour la sérénité de sa défense ». D'autres élus ont suivi, mais la ministre Bergé a choisi de ne pas prendre position, laissant la décision au seul intéressé.
Un précédent avec Gérard Depardieu
Ce n'est pas la première fois que la macronie est critiquée pour son manque de fermeté face aux accusations de violences sexuelles. En décembre 2023, le président Emmanuel Macron avait lui-même suscité l'indignation en prenant la défense de Gérard Depardieu, qualifiant la mobilisation contre l'acteur de « chasse à l'homme ». Ces déclarations avaient été perçues comme un signal négatif pour la cause féministe.
D'autres séquences controversées
Au-delà de ces deux cas, plusieurs épisodes ont émaillé le quinquennat, révélant un féminisme jugé « tiède » par les associations. En 2024, la nomination d'un ministre accusé de violences conjugales avait provoqué un tollé. Plus récemment, la suppression de crédits alloués aux associations d'aide aux victimes a été dénoncée comme un recul. Enfin, les propos d'un porte-parole du gouvernement sur le « consentement » dans le cadre de l'éducation sexuelle ont été perçus comme une concession aux conservateurs.
Ces séquences, mises en lumière par la journaliste Amélie Froment, interrogent sur la cohérence de la politique féministe du gouvernement. Alors que les appels à l'annulation des concerts de Patrick Bruel se multiplient, la réponse d'Aurore Bergé semble confirmer une ligne prudente, voire timorée, sur les questions de violences sexuelles.



