À l’occasion de sa déclaration de candidature à la présidentielle, Gabriel Attal a rouvert le débat en se prononçant en faveur d’une gestation pour autrui (GPA) « éthique ». Cette prise de position a mis en lumière une hypocrisie : la loi française interdit la GPA, mais l’État ferme les yeux sur les couples français, principalement homosexuels, qui y ont recours à l’étranger, notamment aux États-Unis ou au Canada.
Une pratique coûteuse et contournée
Entre 200 et 500 couples français auraient recours chaque année à la GPA à l’étranger. Une fois de retour en France, la reconnaissance de la filiation se fait par voie d’adoption, sauf s’il n’y a aucun lien biologique avec l’enfant. La Cour de cassation a récemment autorisé la reconnaissance d’une filiation sans adoption, pour peu qu’un juge du pays où la GPA a été réalisée l’ait validée.
L’ancien Premier ministre souhaite ouvrir la GPA à tous, et non plus seulement à ceux qui en ont les moyens. Actuellement, une GPA coûte environ 200 000 euros, dont 50 000 euros pour la mère porteuse.
Questions morales et juridiques
Mais la GPA, même débarrassée de son aspect marchand, soulève des questions de morale et de droit. L’utérus d’une mère porteuse n’est-il pas réduit à l’état de marchandise, même sans argent en jeu ? Cette pratique n’est-elle pas en contradiction avec les luttes pour les droits des femmes ? Faut-il, parce qu’une loi est contournée, en tirer la leçon qu’elle doit être abrogée ? Jusqu’où un être humain a-t-il le droit de disposer de son propre corps sans que la loi ne s’en mêle ?
Un vaste débat politique
Pour l’instant, la GPA accouche surtout d’un vaste débat. À l’initiative de la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, une quinzaine de responsables politiques de gauche comme de droite, dont le maire de Cannes David Lisnard, ont publié dans Ouest-France une tribune où ils expriment leur opposition à « mettre le corps des femmes à la disposition du désir d’autrui ».



