Aurore Bergé : discriminations, budget, présidentielle 2027, elle répond aux lecteurs
Aurore Bergé répond aux lecteurs de Midi Libre

En déplacement dans l'Hérault, Aurore Bergé, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les Discriminations, a répondu aux questions des lecteurs de Midi Libre ce vendredi 11 juillet. Elle a abordé des sujets relevant de son ministère, mais aussi le futur budget de l'État et l'élection présidentielle de 2027.

Égalité femmes/hommes : des inégalités persistantes

Interrogée par Aodrenn Le Cosquer, un Montpelliérain de 16 ans, sur les inégalités salariales, la ministre a rappelé qu'à poste et temps de travail égal, une femme gagne 14 % de moins. Elle a souligné deux facteurs principaux : les filières professionnelles et la parentalité. « Les jeunes femmes s'engagent dans des carrières moins rémunératrices, il faut lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge. Au moment du premier enfant, les femmes perdent 38 % de leur niveau de revenu et ne le rattrapent jamais », a-t-elle expliqué. Elle souhaite réformer les congés parentaux : « Aujourd'hui, 14 % des mères et 0,8 % des pères prennent un congé parental. Ma proposition est un congé de quatre mois pour chaque parent, non partageable, avec une indemnisation plus élevée, au niveau du salaire d'arrêt maladie. »

Concernant le « plafond de verre », évoqué par Wafa Noubadji, enseignante à l'Université Paul-Valery de Montpellier, Aurore Bergé a insisté sur l'importance des représentations et des quotas. « Les entreprises avec plus de mixité sont plus performantes et résilientes. L'État doit montrer l'exemple en choisissant des femmes à la tête des grandes entreprises publiques. » Elle a également mentionné le plan « Filles et maths » lancé avec Élisabeth Borne.

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Violences faites aux femmes : des progrès mais encore du chemin

La ministre a estimé que beaucoup a été fait depuis huit ans : ordonnances de protection, téléphones grave danger, bracelets anti-rapprochement, 3919. Elle a toutefois reconnu que la prévention reste insuffisante, notamment pour la détection des signaux de violence.

Discriminations : l'antisémitisme et le racisme sont des délits

Perla Danan, présidente du Crif Languedoc-Roussillon, a alerté sur la montée du racisme et de l'antisémitisme. De janvier à mai 2025, 504 actes antisémites et 145 actes anti-musulmans ont été recensés, et SOS homophobie a dénombré 1620 cas de discriminations homophobes ou transphobes en 2024. Aurore Bergé a rappelé avoir lancé les assises de lutte contre l'antisémitisme, agissant sur l'éducation et la sanction. « L'antisémitisme et le racisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits. Il faut l'écrire dans la loi, je pense que nous avons une majorité pour voter un texte. »

Lucas Mortier, 19 ans, a exprimé son inquiétude face à la haine sur les plateformes. La ministre a dénoncé l'impact toxique des réseaux sociaux sur la démocratie et la santé des enfants. Elle défend une majorité numérique à 15 ans, une vérification réelle de l'âge (pièce d'identité, carte bancaire, selfie) et la levée de l'anonymat. Elle a convoqué les plateformes, rappelant leur responsabilité et les amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d'affaires mondial. Elle souhaite mieux subventionner des associations comme SOS Racisme ou le Planning Familial pour signaler les contenus haineux.

Face au masculinisme, elle mise sur l'éducation : « dès septembre, des cours d'éducation à la vie affective et sexuelle apprendront aux tout-petits le respect et l'égalité. Si ce n'est pas l'école qui s'en charge, les adolescents apprendront sur les réseaux sociaux ou les sites pornographiques. »

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Présidentielle 2027 : Bergé favorable à une primaire et ambitieuse

Lucas Mortier a interrogé la ministre sur une possible primaire à Renaissance. Aurore Bergé s'est dite favorable : « La primaire est le pire des systèmes, mais je n'en vois pas de meilleur. Mais avant tout, il faut travailler et obtenir des résultats. Ensuite, il faudra un projet politique et un rassemblement, sinon aucun de nous ne sera au second tour. Je ne veux pas prendre le risque de laisser les Français choisir entre le Rassemblement national et la France insoumise. » Interrogée sur sa propre candidature, elle a répondu : « Il est légitime d'avoir des ambitions, et il m'arrive d'en avoir. Mais il faut d'abord apporter des réponses maintenant pour être crédible. »

Budget : courage et vérité sur les comptes

À propos du prochain budget présenté par François Bayrou, la ministre a appelé au courage : « Il faut dire la vérité aux Français sur l'état des comptes et réduire la dépense publique. Mais il ne faut pas augmenter les impôts des Français ou des entreprises, cela nuirait à notre compétitivité. La rémunération du travail passera par la baisse des cotisations, et l'État doit faire un effort sur ce point. »

Femmes en politique : la légitimité conquise

En réponse à Emmanuelle Mysona, élue à Saint-Jean-de-Védas, Aurore Bergé a évoqué les remarques désobligeantes adressées aux femmes en politique. « On a cherché à disqualifier les femmes en disant qu'elles étaient là uniquement pour les quotas. Mais on a démontré qu'on n'était pas là parce qu'on nous avait laissé la place, mais parce qu'on l'avait prise. On a été élue, et on est légitime. »