L'université des parents : éduquer sans tabou dans l'Hérault et l'Aveyron
Université des parents : éduquer sans tabou

L'université des parents : un soutien pour les familles

L'université des parents, dans l'Hérault et dans l'Aveyron, permet d'aborder les questions liées à l'éducation des enfants. Ingrid Lebeau, sexoanalyste et formatrice, co-anime avec Valérie Orvain, conseillère en éducation, un cycle de cinq journées destiné aux parents qui s'interrogent sur l'éducation de leurs enfants. Leur « Université des Parents », qu'elles mènent depuis cinq ans, propose des outils pour dépasser les difficultés sur deux thématiques sensibles : l'autorité et le rôle des parents dans l'éducation sexuelle des enfants. Cinq fois par an, environ tous les deux mois, les participants se réunissent autour d'elles « pour chercher des solutions au présent, échanger ses expériences entre deux séances ou trouver des clés pour préparer l'avenir ».

L'éducation sexuelle ne se limite pas à la prévention

Ingrid Lebeau souhaite replacer les parents au cœur de l'éducation sexuelle. « On ne peut pas dire que l'école apporte de réelles réponses », explique-t-elle. Selon elle, l'éducation sexuelle vue sous l'angle biologique, de la prévention des maladies et de l'IVG, sans aborder les dimensions psychologique, affective et sociale, revient à l'enseigner de manière « peu pertinente et très insuffisante ». Si l'école doit remplir sa mission d'information en matière d'anatomie et de reproduction, ce qui touche « à peu près tout le reste » relèverait de la science infuse parentale. Or, poser la bonne autorité ou parler de sexualité ne sont pas des compétences « innées ». « Ce sont des compétences que tout parent devrait posséder, qu'être père et mère aujourd'hui se résume à faire des bébés, accoucher, se débrouiller, rester en couple quand c'est possible et faire tenir les enfants le plus longtemps possible à l'école », énumère-t-elle, négligeant deux ou trois choses essentielles.

Témoignage d'un père

Mathieu est le père de deux enfants de 7 et 10 ans. « Suite à ma séparation, je me suis demandé quel père j'allais être pour ces futurs adultes ». Il a suivi ces ateliers pendant deux ans, entre 2013 et 2015. « J'étais en adéquation, rien de confrontant, mais cela m'a permis de voir que si la théorie était OK, la mise en pratique est moins évidente quand les problèmes surgissent ». Il souligne que sa difficulté émanait d'abord d'un problème d'autorité. « J'ai pu régler la question de l'aide aux devoirs avec ma fille qui ne parvenait pas à se responsabiliser. Ce sens de l'organisation qu'elle a découvert a rejailli positivement sur son quotidien ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Accompagner les questions des enfants

À la question « dis comment on fait les bébés », la plupart des adultes répondent mal ou pas du tout. Mathieu se souvient : « On a ouvert des livres dédiés, on a discuté, on a nommé les choses sans tabou. Sus aux zigounettes et autres zézettes évasives, après tout, une oreille est une oreille, un nez reste un nez ! ». « Sans l'Université, j'aurais répondu tellement à côté ! », ajoute-t-il. Pour Ingrid Lebeau, il n'est pas illusoire d'imaginer une éducation sexuelle neutre et objective. « Les mots manquent, on a peur de mal ou trop dire, de se prendre soi-même pour référence, de ne pas être au niveau de l'enfant. » Dans un monde qui « leur fait aborder la sexualité par écran interposé, ou la pornographie, il s'agit d'accompagner les questions des enfants, sans trop les devancer ». L'université présente l'avantage de ne pas se sentir seul sur le bateau ivre de la parentalité imparfaite.

Informations pratiques

L'Université des parents se déroule à Gignac dans l'Hérault et à Saint-Affrique dans l'Aveyron, entre novembre et avril. Des consultations sur rendez-vous sont également possibles. Infos sur : www.sexologie-montpellier.fr

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale