Une expérimentation aux effets inégaux
L'expérimentation de la tenue unique dans les établissements scolaires, promue en 2023 par Gabriel Attal comme un moyen de renforcer l'égalité sociale et d'améliorer le climat scolaire, révèle des résultats contrastés et globalement limités. Selon une première étude publiée mardi, les effets sont inégaux selon les établissements, incitant le gouvernement à la prudence avant d'envisager une généralisation.
Un bilan nuancé selon les niveaux
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a indiqué lors d'une séance à l'Assemblée nationale que les premiers résultats sont "assez inégaux selon les établissements". Il préfère attendre les résultats définitifs de la deuxième année avant de décider de la suite. "Globalement, ça renforce le sentiment d'appartenance. On observe également une amélioration à certains endroits du climat scolaire, mais dans d'autres endroits, ce n'est pas forcément le cas", a-t-il souligné. Il a également noté qu'il n'y a pas d'effet notable sur les résultats scolaires, ce qui n'est guère surprenant après seulement un an.
L'expérimentation concernait à la rentrée 2024-2025 97 écoles, 14 collèges et quatre lycées, contre environ 90 l'année précédente. Une première évaluation menée en juin 2025 par le service des statistiques du ministère, en collaboration avec FORS-Recherche Sociale, confirme ces nuances. Dans le premier degré, 75 % des directeurs d'école signalent une évolution positive du sentiment d'appartenance, mais seulement 36 % constatent une amélioration du climat scolaire. Dans le second degré, sur 22 établissements, 13 chefs d'établissement notent une évolution positive du sentiment d'appartenance et 11 une amélioration du climat scolaire.
Des effets modestes sur la scolarité
Les effets sur la scolarité restent modestes : sept chefs d'établissement jugent positive l'évolution de l'ambiance de travail, mais seulement cinq perçoivent une amélioration des acquis scolaires. La mesure est plus critiquée par les élèves. Une majorité des écoliers (57 %) déclarent ne pas aimer porter la tenue commune, et 63 % des collégiens disent ne pas se sentir bien dans cette tenue, tandis que 61 % estiment qu'elle n'est pas adaptée à leur vie de collégien.
Si 43 % des écoliers estiment qu'il y a moins de moqueries sur les vêtements, 45 % jugent que la mesure n'a rien changé. Chez les collégiens, 38 % considèrent que l'uniforme n'a eu aucun effet, et 36 % disent se sentir moins libres dans leur façon d'être. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a réagi : "Dès lors qu'on dépasse la simple enquête de satisfaction des chefs d'établissements, on a la confirmation que l'uniforme n'est pas l'outil magique pour améliorer le climat scolaire." Elle a ajouté que ce bilan confirme que l'annonce était essentiellement à visée médiatique et politique.
Pour rappel, l'État cofinançait la mesure à 50 % dans la limite de 100 euros par élève pour les collectivités engagées. Début 2025, le ministère avait dû soutenir l'expérimentation menacée d'abandon par certaines collectivités faute de crédits suffisants.



