Montpellier : la colère des étudiants contre la hausse des loyers du Crous
Une trentaine d'étudiants se sont rassemblés mercredi 11 mars devant le rectorat de Montpellier, jour de conseil d'administration du Crous, pour dénoncer la hausse des loyers dans les résidences universitaires. Cette mobilisation intervient alors que le Crous prévoit une augmentation des loyers de 1,04 % pour cette année, incluant les charges.
Une augmentation récurrente dénoncée
Selon le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), cette hausse marque la troisième augmentation en quatre ans. Par exemple, des chambres étudiantes qui étaient louées à 235 euros par mois en 2023 pourraient passer à 266 euros à la rentrée universitaire de septembre. L'an dernier, le syndicat s'était déjà mobilisé pour empêcher le vote du conseil, qui avait finalement été reporté et tenu à distance.
Enola Kraemer, élue du Scum et vice-présidente étudiante, souligne l'impact de cette situation : "La première dépense chez les étudiants, c'est le loyer. On organise aussi une semaine sur deux des distributions alimentaires avec plus de 300 étudiants, qui sont dans la file malgré le froid, la pluie, pour avoir des conserves, du pain et des pâtes."
Le contexte inflationniste aggravant
Fabien Bon, représentant du Scum, ajoute : "Il faut aussi prendre en compte le contexte d'inflation. Les coûts de l'énergie et de l'alimentation augmentent. On ne peut pas les décorréler de l'augmentation des frais d'inscription. La taxe étudiante (Contribution de vie étudiante et de campus), créée en 2018, augmente chaque année d'un ou deux euros."
Cette mobilisation, décorrélée des élections municipales malgré la présence de colistiers de La France insoumise (LFI) et de Révolution permanente, revendique plusieurs mesures clés :
- Le gel des loyers et une baisse progressive jusqu'à atteindre 150 euros par mois pour 9 m².
- Un calcul des bourses basé sur le revenu des étudiants plutôt que sur celui des parents.
- Une augmentation du montant réel des bourses pour qu'aucun étudiant ne vive sous le seuil de pauvreté.
- Un plan de construction massive de logements publics à bas loyers.
Les étudiants exigent des actions concrètes pour alléger leur précarité financière, dans un contexte où les dépenses de logement pèsent lourdement sur leur budget quotidien.



