Saint-Laurent-d'Olt sauve un demi-poste d'enseignant : une mobilisation villageoise payante
Saint-Laurent-d'Olt sauve un demi-poste d'enseignant

Saint-Laurent-d'Olt sauve un demi-poste d'enseignant : une mobilisation villageoise payante

L'enterrement symbolique prévu ce samedi 11 avril à Saint-Laurent-d'Olt dans l'Aveyron a finalement été annulé. Alors que soixante-dix personnes s'étaient rassemblées sur la place du village pour protester contre la suppression annoncée d'un poste d'enseignant à l'école locale, la maire Elisabeth Dodinet a apporté une nouvelle inattendue.

Une mobilisation sans faille

La nouvelle avait fait l'effet d'une bombe dans cette commune aveyronnaise : l'école devait perdre un poste d'enseignant à la rentrée prochaine, ce qui signifiait la fermeture d'une classe. "On a bloqué l'école pendant une semaine", raconte Lucie Delpuech, présidente des parents d'élèves. Une mobilisation immédiate s'est organisée, rassemblant parents, élus et habitants déterminés à sauver leur école.

Pour Elisabeth Dodinet, la maire nouvellement élue, cette suppression aurait eu des conséquences dramatiques : "Cela aurait tué la commune", affirme-t-elle sans détour. L'école représente souvent le dernier service public dans les villages ruraux, un symbole fort de vitalité et d'attractivité.

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Une demi-victoire inespérée

Au moment où la cérémonie symbolique allait débuter, la maire a annoncé un revirement de situation. "On a appris hier que nous allons conserver un demi-poste et qu'il y aurait un recomptage à la rentrée", a-t-elle déclaré devant les habitants rassemblés. Cette annonce a déclenché une salve d'applaudissements sur la place publique.

La première magistrate qualifie cette décision de "demi-victoire ou de demi-deuil, tout dépend la manière dont on regarde la situation". Un équilibre précaire qui reste à consolider dans les mois à venir.

Un soutien politique crucial

L'équipe municipale, fraîchement installée, a bénéficié d'un soutien politique important dans ce combat. "Heureusement que nous avons été aidés, notamment par le sénateur Anglars, Emmanuelle Gazel pour la Région mais aussi par le député Rousset", précise Elisabeth Dodinet. Cette convergence d'appuis a sans doute pesé dans la balance administrative.

Lucie Delpuech souligne l'ampleur de la mobilisation : "Tous les habitants nous ont soutenus, les élus aussi, même ceux des communes d'à côté". Une solidarité territoriale qui a fait la différence face à une logique purement comptable.

Un défi démographique à relever

Le combat n'est pourtant pas terminé. Pour sauver définitivement la deuxième classe, la commune doit attirer de nouvelles familles. Actuellement, vingt-trois élèves sont inscrits à partir de la petite section, et trois en très petite section - ces derniers n'étant malheureusement pas comptabilisés dans les effectifs officiels.

"On est dans une logique purement comptable où les enfants deviennent des chiffres", déplore la maire. Elle lance un appel urgent : "On a besoin de locations sur la commune ! Trois T4 sont actuellement en rénovation, et deux T2 doivent l'être. Sans location, nous ne pourrons pas attirer de nouvelles familles."

La commune dispose pourtant d'atouts indéniables : commerces, artisanat, agriculture... Mais le manque de logements disponibles freine son développement démographique.

Une vigilance maintenue

Parents d'élèves et élus restent sur le qui-vive. Le recomptage prévu à la rentrée déterminera si l'autre moitié du poste pourra être conservée. "On sait que c'est fragile", reconnaît Elisabeth Dodinet, qui pense également aux communes moins chanceuses qui n'ont pas réussi à maintenir leurs postes menacés.

La maire formule un souhait : "Il faudrait que ceux qui prennent les décisions viennent vivre dans nos villages pour connaître la réalité du terrain." Une réalité où, comme le rappelle une citation attribuée au ministre de l'Éducation nationale, "l'école c'est le clocher de la République" - un symbole qui perd tout son sens quand on supprime des classes dans les territoires ruraux.

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La mobilisation de Saint-Laurent-d'Olt montre que la résistance villageoise peut porter ses fruits, même si les victoires restent partielles. Le défi des prochains mois sera d'attirer suffisamment de nouveaux élèves d'ici septembre pour consolider cette demi-victoire et garantir l'avenir de l'école communale.