Parcoursup : une source majeure d'anxiété pour les familles
Les élèves de Terminale et les étudiants en réorientation ont jusqu'à jeudi minuit pour finaliser leurs choix de formations sur la plateforme Parcoursup. Cette échéance cruciale représente une période particulièrement stressante pour les jeunes comme pour leurs parents, selon une enquête récente.
Des chiffres alarmants sur le stress généré
L'étude menée par L'Étudiant et la Fédération des Conseils de Parents d'Élèves (FCPE) auprès de 1 103 parents révèle des données préoccupantes. 77% des parents interrogés déclarent ressentir de l'anxiété face à la procédure Parcoursup, un chiffre qui fait écho aux 84% de lycéens qui jugeaient déjà la plateforme « stressante » l'année dernière selon le ministère de l'Enseignement supérieur.
Les conséquences de cette pression sont multiples et tangibles : plus de quatre répondants sur dix confient que Parcoursup provoque des tensions familiales, tandis qu'un tiers des parents affirment souffrir de troubles du sommeil durant cette période. « C'est très stressant », confirme Delphine Bednarski, 43 ans, dont la fille Rose passe son bac cette année.
Témoignages de parents démunis
Comme 60% des sondés, Delphine redoute une affectation insatisfaisante pour son enfant. Cette coiffeuse de Lens a souvent entendu ses clientes raconter que leurs enfants n'avaient pas obtenu l'école souhaitée. Dans sa propre famille, l'expérience a laissé des traces douloureuses : deux cousins de Rose n'ont obtenu aucun de leurs vœux et se sont retrouvés sans solution d'orientation.
Sa fille de 17 ans, qui souhaite devenir éducatrice spécialisée, a formulé seulement trois vœux sur les dix possibles. « Même si on lui en imposait d'autres, elle ne voudrait pas y aller », souligne Delphine. Face à cette plateforme, la mère de famille affirme se sentir « complètement démunie » et insuffisamment armée pour accompagner sa fille dans cette démarche complexe.
Une charge mentale inégalement répartie
L'enquête met en lumière une répartition genrée des responsabilités dans le suivi de l'orientation. Dans 70% des familles, la gestion de Parcoursup repose avant tout sur les mères. 80% d'entre elles déclarent une hausse significative de leur charge mentale, contre 53% des pères seulement.
« Mon mari est impliqué aussi, mais c'est moi qui ai étudié toutes les possibilités, qui ai un peu dégrossi », admet Sophie, une ingénieure parisienne de 50 ans dont la cadette passe le bac cette année. Malgré une vision plus nuancée de l'outil technique, elle reconnaît que « ce n'est pas Parcoursup qui m'angoisse, c'est l'orientation, le fait de devoir décider avec les compétences et les notes qu'on a ».
Une procédure qui touche près d'un million de candidats
Cette année, environ un million de candidats, néo-bacheliers et étudiants en réorientation, vont s'inscrire sur Parcoursup. Le nombre de candidats a augmenté de 34 500 sur un an pour atteindre 980 000 (+3,7%), principalement du fait d'une hausse des lycéens en voie professionnelle ou des étudiants en réorientation.
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a récemment défendu la plateforme en affirmant que « c'est une plateforme qui fonctionne ». Il a rappelé que « le premier jour, au moment du résultat des vœux, il y a à peu près deux tiers des candidats qui ont une proposition tout de suite ». Parmi les 650 000 lycéens ayant déposé un dossier l'année dernière, près de 92% avaient effectivement reçu au moins une proposition.
La phase d'admission principale débutera le 2 juin, marquant le début d'une nouvelle période d'attente anxiogène pour les familles. Les candidats recevront les réponses des formations sollicitées jusqu'au 11 juillet, avec une possibilité de formuler de nouveaux vœux du 11 juin au 10 septembre.



