Éducation nationale : nette hausse des saisines de la médiatrice
Nette hausse des saisines de la médiatrice de l'Éducation nationale

La médiatrice de l'Éducation nationale, Catherine Becchetti-Bizot, a présenté son rapport annuel mercredi 8 juillet, révélant une augmentation significative des saisines. En 2025, 14 000 dossiers ont été enregistrés, soit une hausse de 12 % par rapport à l'année précédente. Cette progression marque une tendance de fond, avec un doublement des demandes en cinq ans.

Les motifs principaux des saisines

Les questions d'affectation scolaire restent le premier motif de saisine, représentant 23 % des dossiers. Les parents contestent souvent les décisions d'orientation ou d'affectation dans les établissements. Viennent ensuite les situations de harcèlement scolaire, qui ont bondi de 30 % en un an, constituant désormais 18 % des saisines. La médiatrice note que ces dossiers sont souvent complexes et impliquent une multiplicité d'acteurs.

Les conflits liés aux relations entre les familles et les établissements, notamment les sanctions disciplinaires, représentent 15 % des demandes. Les questions de handicap et d'inclusion scolaire sont également en hausse, avec 12 % des saisines. Enfin, les problèmes de bourses et de frais de scolarité concernent 8 % des dossiers.

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Des délais de traitement sous pression

Le délai moyen de traitement des dossiers est de 45 jours, un chiffre stable mais jugé insuffisant par la médiatrice. "Nous devons améliorer notre réactivité, surtout pour les situations urgentes comme le harcèlement", a-t-elle déclaré. L'équipe de la médiation compte 45 personnes, dont 25 médiateurs académiques, et traite en moyenne 1 200 dossiers par mois.

La médiatrice souligne également que 60 % des saisines aboutissent à une solution satisfaisante pour les familles. Cependant, 25 % des dossiers sont rejetés pour irrecevabilité, souvent parce que les démarches préalables n'ont pas été effectuées. "Il est essentiel que les familles saisissent d'abord les services de l'établissement avant de venir à nous", rappelle Catherine Becchetti-Bizot.

Des recommandations pour l'avenir

Le rapport formule plusieurs recommandations. La première est de renforcer la prévention du harcèlement scolaire, en formant davantage de personnels et en généralisant les dispositifs d'alerte. La deuxième est de simplifier les procédures d'affectation, en rendant les critères plus transparents. Enfin, la médiatrice propose de créer un guichet unique en ligne pour les demandes de bourses et de dérogations.

La ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne, a salué le travail de la médiatrice et a promis d'étudier ces propositions. "Nous devons répondre aux attentes des familles et garantir une école inclusive et bienveillante", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La hausse des saisines reflète aussi une meilleure connaissance du dispositif de médiation par les usagers. "Les parents sont de plus en plus informés de leurs droits et n'hésitent pas à les faire valoir", analyse la médiatrice. Cette tendance devrait se poursuivre, avec l'extension prévue de la médiation à tous les services de l'éducation d'ici 2027.

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