Le gouvernement prépare un nouveau plan d'économies pour la Sécurité sociale, qui pourrait être annoncé dès la fin juillet. Selon des sources proches du dossier, l'exécutif cherche à réduire le déficit de la branche maladie de 5 milliards d'euros d'ici 2027. Cette perspective inquiète les syndicats et les associations de patients, qui redoutent une dégradation de l'accès aux soins.
Un déficit qui se creuse
Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 11,2 milliards d'euros en 2026, selon les dernières prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Un chiffre en hausse par rapport aux 8,8 milliards d'euros initialement prévus. Pour y remédier, le gouvernement envisage des mesures telles que le déremboursement de certains médicaments, l'augmentation du ticket modérateur sur les consultations, ou encore le relèvement du forfait hospitalier.
« Nous sommes très inquiets. Ces mesures pénaliseraient directement les patients, en particulier les plus vulnérables », a déclaré Jean-Pierre Riso, président de l'Union nationale des associations de patients (UNAP).
Les syndicats montent au créneau
Les syndicats de la fonction publique hospitalière ont appelé à une journée de grève le 15 juillet pour protester contre ces projets. « Le gouvernement veut faire payer aux malades le coût de sa mauvaise gestion », a affirmé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. De son côté, la CFDT dénonce « une politique d'austérité qui mettra en péril notre système de santé ».
Le ministère de la Santé se veut rassurant. « Nous travaillons à des mesures d'économies structurelles, sans remettre en cause la qualité des soins », a indiqué un porte-parole. Parmi les pistes évoquées figurent la lutte contre la fraude sociale, estimée à 6 milliards d'euros par an, et le développement des génériques.
Un calendrier serré
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 doit être présenté en septembre. Mais le gouvernement souhaite avancer certaines mesures dès cet été par décret ou via le budget rectificatif. « Nous ne pouvons pas attendre, le déficit se creuse chaque mois », a justifié le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.
Les associations de malades appellent à une mobilisation citoyenne. « Nous demandons une véritable concertation avant toute décision », a insisté Jean-Pierre Riso. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.



