Une mobilisation massive contre la carte scolaire à Montpellier
Ce mercredi 15 avril, une manifestation regroupant syndicats, parents d'élèves et élèves s'est tenue devant le rectorat de Montpellier, dans l'Hérault. Les participants protestent contre le nombre élevé de fermetures de classes envisagées dans la future carte scolaire du premier degré, qui doit être validée ce jeudi 16 avril. Initialement, en mars, le projet prévoyait 71 fermetures et 55 ouvertures, soit une réduction nette de 16 classes. Après des ajustements lors d'un Comité social d'administration départemental (CSA-D) le 7 avril, avec quatre annulations de fermeture et quatre ouvertures, le solde est passé à huit classes en moins. Cependant, lors d'un nouveau CSA-D ce 15 avril, des corrections étaient possibles, les syndicats ayant unanimement voté contre la carte scolaire.
Des parents en colère face à des fermetures jugées injustifiées
Benjamin, parent d'élève à l'école élémentaire Paul-Langevin de Clémentville, a exprimé son mécontentement : "C'est rude quand on sait qu'il n'y a que six élèves en moins qui sont prévus. Mais je ne suis pas vraiment surpris. La destruction du service public et de l'éducation, c'est dans l'air du temps." À Alco, des parents et enfants de l'école élémentaire Emile Combes se mobilisent contre une deuxième fermeture de classe en deux ans. Une mère s'indigne : "Alors qu'il y a aujourd'hui le même nombre d'élèves que l'année dernière quand on a fermé une classe ! On l'a rappelé à l'inspectrice, hier. Cette année, la fermeture se joue à cinq élèves près..."
Les syndicats dénoncent des suppressions massives et des coupes budgétaires
Marie Nikichine, présidente de la FCPE de l'Hérault, souligne : "Sauf que cette année, les suppressions de postes sont beaucoup plus massives. Ça explique qu'il y ait autant de parents mobilisés." Sabine Raynaud, secrétaire départementale FO 34, ajoute : "Les 1 818 élèves en moins sur le département, si on les rapporte aux 603 écoles, ça fait une moyenne de trois élèves en moins par école ! Certaines écoles ferment alors qu'elles ont le même prévisionnel d'élèves ! La vraie raison qu'ils essayent de dissimuler, ce sont les coupes budgétaires qui ont été décidées par le gouvernement."
Des écoles défavorisées particulièrement touchées
Emmanuelle Bonnin, de Sud Éducation, s'insurge contre les fermetures dans des zones prioritaires : "Des écoles ferment alors qu'elles sont en quartier prioritaire de la ville (QPV), et d'autres sont en zone vitale à revitaliser. Certaines cumulent même les deux classements et sont pourtant frappées par une fermeture, comme une école de Lodève." Elle cite l'exemple de la maternelle du Docteur Roux à Figuerolles, qui passerait à quatre classes avec une moyenne de 27,7 élèves par classe, alors que la directrice prévoit 110 enfants contre 84 pour l'administration, dans un quartier où les inscriptions sont souvent tardives.
Ce jeudi 16 avril, le Conseil départemental de l'Éducation nationale, présidé par la préfète, doit valider les décisions prises lors du CSA-D. Cette mobilisation met en lumière les tensions autour de la politique éducative et les inquiétudes quant à l'avenir du service public dans l'Hérault.



