Une mobilisation pour féminiser les filières scientifiques
Le président du Medef, Patrick Martin, et le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, ont exprimé une inquiétude commune lors d'un événement organisé par le Medef à l'Institut Pasteur. Intitulé « Inspirons les filles d'aujourd'hui pour transformer les métiers de demain ! », cet événement a mis en lumière le manque criant de filles dans les sciences, un phénomène que Patrick Martin qualifie de « préjudice pour notre pays ».
Briser les stéréotypes dès l'école
Patrick Martin a insisté sur la nécessité de « casser ces stéréotypes, ces plafonds de verre », affirmant que ne pas agir serait coupable. Il a souligné que l'insuffisante féminisation des formations et emplois scientifiques nuit à la compétitivité des entreprises françaises.
De son côté, Édouard Geffray a appelé à agir « dès le début de la chaîne », en travaillant sur des aspects concrets comme les intitulés de sujets ou les appréciations dans les bulletins scolaires. Il critique le binôme traditionnel « vif et intelligent » pour les garçons et « sérieuse et appliquée » pour les filles, et indique qu'un travail de déconstruction est en cours.
Le ministre croit fortement aux « rôles-modèles », estimant que l'incarnation de parcours réussis est essentielle pour inspirer les jeunes filles.
L'initiative Code F et l'impact économique
Le Medef porte depuis fin 2025 l'initiative « Code F », qui mobilise 1 300 ambassadrices travaillant dans des domaines scientifiques, techniques et technologiques. Via la plateforme My Job Classes, elles partagent leur expérience avec des jeunes filles en quête d'orientation.
Édouard Geffray a noté qu'il n'y a qu'environ 35 % de filles en spécialité « mathématiques expertes » en terminale. Il observe que « pour arriver à la parité, il suffirait de quatre filles de plus par lycée » choisissant cet enseignement, un objectif qu'il juge atteignable en vainquant les réticences individuelles.
Les deux hommes ont signé une convention de coopération visant à renforcer les liens entre l'école et l'entreprise, avec pour objectifs l'égalité des chances et l'insertion professionnelle. Geffray qualifie le stage en entreprise d'« élément déterminant » pour susciter des vocations.
Le Medef rappelle que la France devra former 100 000 ingénieurs et techniciens supplémentaires par an d'ici 2035. Atteindre la parité dans les secteurs d'innovation pourrait, selon l'organisation, entraîner une hausse de 70 % du taux de productivité, soulignant ainsi l'enjeu économique majeur de cette féminisation.



