Mobilisation contre la suppression d'une classe à La Rochelle
Une vive opposition s'est exprimée à La Rochelle où parents d'élèves et élus locaux se sont mobilisés contre la suppression programmée d'une des trois classes de l'école communale. Cette mesure entraînerait la création de classes à quatre niveaux, suscitant l'inquiétude des familles et des représentants syndicaux.
Deux manifestations successives
Le mouvement de protestation a débuté le lundi 30 mars par un rassemblement devant l'école concernée. Les manifestants ont réitéré leur action le vendredi 3 avril, où une dizaine de parents d'élèves, soutenus par des syndicats, ont manifesté sous les fenêtres de la préfecture de La Rochelle. Cette double mobilisation témoigne de la détermination des opposants à cette réorganisation scolaire.
Rencontre avec les autorités académiques
Juste avant cette seconde manifestation, une délégation a été reçue par le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), Mahdi Tamene, et le secrétaire général de la préfecture, Emmanuel Cayron. « Pour nous signaler que des discussions auront lieu avec Hélène Cros, la nouvelle maire de la commune, le mardi 7 avril », explique Sabrina Dehaud, présidente de l'association des parents d'élèves (APE). Elle ajoute avec préoccupation : « Cela ne nous a pas rassurés. »
Les conséquences pédagogiques redoutées
Actuellement, l'école accueille 48 élèves répartis en trois classes multiniveaux. La suppression d'une classe entraînerait une réorganisation en seulement deux classes d'environ 24 élèves chacune, avec jusqu'à quatre niveaux par classe. Sabrina Dehaud détaille les difficultés anticipées : « Dans l'une d'elles, les enfants de maternelle (PS, MS, GS) seraient regroupés avec des élèves de CP, compliquant l'enseignement des apprentissages fondamentaux tels que la lecture et l'écriture. L'autre classe regrouperait quatre niveaux de l'élémentaire, limitant fortement le temps d'accompagnement individuel. »
La présidente de l'APE critique l'argumentaire des autorités : « C'est toujours la même chose, c'est un problème de chiffre et de budget qu'ils nous mettent en avant. Pour eux, c'est faisable avec le renfort de l'assistante maternelle. »
Inquiétudes parentales et conséquences humaines
Daniella Hoarau, membre de l'association des parents d'élèves, exprime son angoisse personnelle : « J'ai une fille de 4 ans qui va se retrouver dans une classe multiniveaux, ce n'est pas possible. » La fermeture de la classe entraînerait effectivement la suppression d'un poste d'enseignant, et l'enseignante affectée à la future classe de quatre niveaux a déjà demandé à être mutée.
Sabrina Dehaud souligne également le contexte politique particulier : « La nouvelle municipalité a été élue il y a à peine 15 jours, elle n'a pas eu le temps de se poser sur ce dossier, qu'ils leur laissent le temps de proposer quelque chose. » Elle évoque des perspectives démographiques plus favorables : « Avec les naissances annoncées cette année et depuis l'an passé, il y a des perspectives. »
La situation reste donc tendue à La Rochelle, où la qualité de l'enseignement primaire se trouve au cœur d'un débat qui oppose considérations budgétaires et exigences pédagogiques. La réunion du 7 avril avec la nouvelle maire s'annonce décisive pour l'avenir de cette école et de ses élèves.



