Une mobilisation contre la hausse des frais de scolarité
Ce mercredi, plusieurs centaines d'étudiants se sont rassemblés à Paris pour protester contre l'alourdissement des frais de scolarité imposé aux étudiants extracommunautaires. La manifestation, partie de la place de la Sorbonne, a rejoint le ministère de l'Enseignement supérieur. Les participants dénoncent une mesure qu'ils jugent discriminatoire et un « gage aux idées de l'extrême droite ».
Des frais multipliés par 16
Depuis la rentrée 2024, les droits d'inscription à l'université pour les étudiants hors Union européenne ont été considérablement augmentés, passant de quelques centaines d'euros à près de 4 000 euros pour une licence et 5 000 euros pour un master. Cette décision, prise par le gouvernement, vise selon l'exécutif à « mieux réguler les flux migratoires » et à « assurer la soutenabilité financière du système ». Mais pour les opposants, elle constitue une atteinte à l'égalité des chances et un frein à l'attractivité de l'enseignement supérieur français.
Un cortège revendicatif
Les manifestants, parmi lesquels des syndicats étudiants comme l'Unef, la Fage ou Solidaires Étudiant-e-s, ont scandé des slogans hostiles à la politique du gouvernement. Des banderoles réclamaient « l'égalité des droits pour tous les étudiants » ou dénonçaient « une France qui se ferme ». Pour les organisateurs, cette hausse s'inscrit dans un contexte plus large de restriction des droits des étrangers et de montée des idées xénophobes.
Une pétition en ligne
En parallèle de la manifestation, une pétition en ligne a recueilli plus de 50 000 signatures, exigeant le retour à des frais différenciés mais plafonnés et proportionnés aux moyens des étudiants. Les signataires, parmi lesquels des universitaires et des personnalités politiques, estiment que la mesure risque de détériorer l'image de la France et de nuire à sa diversité culturelle.
Réactions du gouvernement
Le ministère de l'Enseignement supérieur a justifié la hausse en rappelant que la France reste l'un des pays d'Europe où les frais sont les plus bas pour les étudiants étrangers, même après cette augmentation. Il a également souligné que des bourses et exonérations sont prévues pour les étudiants les plus méritants. Cependant, les critiques estiment que ces dispositifs sont insuffisants et trop complexes d'accès.
La manifestation parisienne s'est déroulée sans incident majeur, mais les organisateurs promettent de nouvelles actions si le gouvernement ne revient pas sur sa décision. Le débat sur les frais de scolarité des étudiants internationaux reste vif, alors que la France cherche à concilier attractivité universitaire et maîtrise des flux migratoires.



