L'IA ne dispensera jamais les élèves de l'effort d'apprendre
L'IA ne remplacera jamais l'effort d'apprendre

Ludovic Chevassus, enseignant et auteur, est formel : l'intelligence artificielle (IA) ne dispensera jamais les élèves de l'effort d'apprendre. Dans un entretien accordé au Point, il explique que l'IA peut être un outil pédagogique puissant, mais qu'elle ne remplace pas le travail cognitif indispensable à la maîtrise des connaissances.

Un outil, pas un substitut

Selon Chevassus, l'IA générative, comme ChatGPT, peut aider à structurer une pensée ou à générer des idées, mais elle ne peut pas effectuer le travail d'assimilation propre à chaque élève. "L'IA ne fera jamais le chemin à la place de l'élève", insiste-t-il. Il rappelle que l'apprentissage nécessite une implication personnelle, des efforts de mémorisation et de compréhension que la machine ne peut assumer.

Chevassus cite l'exemple des mathématiques : un logiciel peut résoudre une équation, mais l'élève doit comprendre les étapes pour progresser. "Si l'on se contente de copier la réponse, on n'apprend rien", ajoute-t-il. Selon une étude récente citée par l'enseignant, 70 % des élèves utilisant l'IA pour leurs devoirs sans supervision voient leurs résultats baisser à long terme.

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Un risque de passivité

L'enseignant met en garde contre le risque de passivité intellectuelle. "Avec l'IA, certains élèves pensent pouvoir éviter l'effort, mais c'est une illusion", déclare-t-il. Il souligne que l'apprentissage est un processus actif, où l'erreur fait partie du chemin. "L'IA peut corriger une faute, mais elle n'explique pas pourquoi c'est une faute, ni comment l'éviter à l'avenir."

Chevassus préconise une utilisation encadrée de l'IA en classe. "Il faut apprendre aux élèves à interagir avec l'IA, à vérifier ses réponses, à la critiquer", explique-t-il. Cela suppose un accompagnement par les enseignants, qui doivent eux-mêmes se former à ces outils.

Un enjeu de société

Au-delà de la salle de classe, Chevassus voit dans cette question un enjeu de société. "Si l'on habitue les jeunes à ne plus faire d'effort, on forme des adultes incapables de persévérer face aux difficultés", avertit-il. Il appelle à une réflexion collective sur la place de l'IA dans l'éducation, sans tomber dans le techno-solutionnisme.

Pour lui, l'IA doit rester un auxiliaire, pas un maître. "La vraie intelligence, c'est celle qui sait quand utiliser l'IA et quand s'en passer", conclut-il. Une position qui rejoint les préoccupations de nombreux pédagogues face à la pénétration rapide de l'IA dans les établissements scolaires.

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