Ce mercredi 12 mars, une partie des enseignants du collège Paul-Froment, soutenue par des parents d'élèves, a entamé un mouvement de grève pour protester contre des prévisions d'effectifs qu'ils jugent totalement déconnectées de la réalité. Ces projections, établies par la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN), menaceraient des fermetures de classes et la suppression de l'option Langues et cultures de l'Antiquité pour la rentrée 2026.
Un sentiment de déjà-vu amer
Pour la deuxième année consécutive, la DSDEN base ses calculs sur des projections de départs d'élèves que les équipes pédagogiques considèrent comme ubuesques. Malgré des promesses de réouverture de classes une fois les effectifs réels constatés, ces engagements n'auraient pas été tenus l'année dernière, laissant les élèves dans des classes surchargées. Il est inadmissible de laisser les élèves dans une telle situation, s'insurge le collectif de protestation.
Des conséquences graves pour un établissement REP
Le collège Paul-Froment est classé en Réseau d'éducation prioritaire (REP), ce qui rend la situation particulièrement préoccupante. Comment garantir l'égalité des chances dans un établissement REP avec des effectifs aussi denses ? questionnent les enseignants. Au-delà des chiffres globaux, deux suppressions de postes pèsent lourdement sur l'offre pédagogique, avec des conséquences directes :
- Des conditions professionnelles précaires pour les enseignants
- Une qualité d'enseignement compromise pour les élèves
- La menace sur l'option Langues et cultures de l'Antiquité
Un recul pour l'inclusion et l'ouverture culturelle
L'établissement accueille des dispositifs spécifiques comme les unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis) et les unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A). La perte de postes et de moyens est vécue comme un recul majeur pour l'ouverture culturelle des collégiens et pour l'inclusion des élèves les plus vulnérables.
Un mouvement qui s'inscrit dans un contexte plus large
La grogne au collège Paul-Froment n'est pas isolée. En Lot-et-Garonne, le Collectif de défense de l'école publique en 47 et l'intersyndicale alertent sur une saignée globale dans l'éducation :
- 11,5 postes menacés dans le premier degré
- 27 postes menacés dans le second degré
Les manifestants exigent une prise de conscience rapide des autorités académiques avant que les grilles horaires de la rentrée ne soient définitivement figées. Un nouveau rassemblement est annoncé le 18 mars à 13h30 devant la DSDEN à Agen pour maintenir la pression.



