Gabriel Attal : un bilan éclair à l'Éducation nationale
Gabriel Attal : un bilan éclair à l'Éducation nationale

Gabriel Attal, devenu le plus jeune Premier ministre de la Ve République, a passé moins de six mois à l'Éducation nationale. Depuis sa nomination le 20 juillet 2023, il a multiplié les initiatives pour laisser son empreinte. Retour sur ses principales mesures, de l'interdiction de l'abaya au plan « choc des savoirs ».

L'interdiction de l'abaya à l'école

Quelques heures avant la rentrée de septembre, face à une polémique grandissante, Gabriel Attal a interdit par une note de service le port de l'abaya et du qamis à l'école. Cette mesure, justifiée par le respect de la laïcité dans les établissements scolaires, a été saluée par la droite et l'extrême droite, mais critiquée par la gauche qui conteste le caractère religieux de ces robes amples originaires du Golfe persique.

« Sortir » les élèves radicalisés de l'école

Le 13 octobre, après l'assassinat du professeur Dominique Bernard à Arras par un terroriste islamiste, Gabriel Attal s'est rendu sur place aux côtés d'Emmanuel Macron et de Gérald Darmanin. Il a décidé qu'une minute de silence serait observée le 16 octobre à 14 heures dans tous les établissements scolaires de France. Le 19 octobre, il a annoncé travailler avec Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti sur des mesures pour éloigner les élèves radicalisés de l'école, invoquant un « principe de protection ».

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Le plan « choc des savoirs »

Annoncé le 5 décembre, ce plan vise à relever le niveau des élèves. Il prévoit un nouveau programme pour le primaire et la création de groupes de niveau au collège en mathématiques et en français. Dès septembre prochain, les classes de sixième et cinquième seront réparties en trois groupes de niveau, avec un effectif maximum de 15 élèves. Le plan relance également le redoublement, en donnant le dernier mot aux professeurs plutôt qu'aux parents. Les enseignants pourront aussi recommander, voire prescrire, des stages de réussite pendant les vacances, conditionnant le passage dans la classe supérieure.

Face à la baisse du niveau en mathématiques, mise en évidence par le classement Pisa 2022, le ministre souhaite adopter progressivement la méthode de Singapour, jugée plus concrète et déjà utilisée par 70 pays au niveau primaire. Un logiciel d'approfondissement en mathématiques et français, utilisant l'intelligence artificielle, sera mis gratuitement à disposition de 200 000 élèves de seconde début 2024, avant une généralisation à partir de septembre.

Évolution du brevet des collèges

Gabriel Attal entend également modifier le brevet des collèges : à partir de la session 2025, son obtention conditionnera l'accès au lycée et dépendra moins du contrôle continu. En cas d'échec, les élèves en difficulté pourront être orientés en fin de troisième vers une nouvelle classe intermédiaire, la prépa lycée, d'une durée d'un an, pour consolider leur niveau avant le passage en seconde. Des effectifs réduits sont prévus pour l'enseignement général en lycée professionnel, où de nombreux élèves cumulent difficultés sociales et scolaires.

Pour soutenir ces mesures, Gabriel Attal a évoqué la création de « milliers de postes » sur le quinquennat. Lors du vote du budget, il a obtenu 574 emplois supplémentaires en collèges et lycées et limité les suppressions de postes dans le premier degré à 650, contre 1 709 initialement prévues, selon l'AFP.

Des cours d'empathie contre le harcèlement

Dès janvier, mille écoles maternelles et primaires expérimentent des cours d'empathie pour lutter contre le harcèlement. Les modalités doivent encore être précisées, mais le dispositif devrait être étendu à toutes les écoles à la rentrée de septembre 2024. Le ministère de l'Éducation nationale propose un kit aux instituteurs pour les aider à construire cet enseignement centré sur l'écoute de l'autre et la verbalisation des émotions.

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Le retour de l'uniforme ?

Le port d'une « tenue vestimentaire commune », selon les termes de Gabriel Attal, sera expérimenté pendant deux ans à compter de septembre prochain dans les établissements scolaires de collectivités volontaires des Bouches-du-Rhône et d'Auvergne-Rhône-Alpes. Ce test de grande ampleur, dont le coût sera entièrement pris en charge par les collectivités et l'État, doit permettre de faire évoluer ce débat porté par la droite et l'extrême droite, devenu récurrent depuis une vingtaine d'années.