Fermeture d'une classe à l'école de Silhol : une décision amèrement contestée
Devant l'école de la montée de Silhol à Alès, ce mardi, une foule de parents d'élèves, d'enseignants et de représentants municipaux s'est rassemblée pour exprimer son indignation. La cause de cette mobilisation : la fermeture annoncée d'une classe pour la prochaine rentrée scolaire de septembre 2026. Christian Chambon, adjoint à l'éducation de la mairie d'Alès, résume amèrement la situation : "Ce n’est même plus se tirer une balle dans le pied, mais une balle dans la tête".
Un impact généralisé sur la communauté éducative
Sabrina Girault, représentante de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) et mère d'un enfant scolarisé dans l'établissement, insiste sur les répercussions de cette fermeture. "Tout le monde est impacté. Les enseignants, dont les conditions de travail sont déjà dégradées, mais aussi les parents. Et surtout, ce sont les élèves qui en pâtissent", déclare-t-elle. L'école, qui accueille environ 240 jeunes Gardois, perdra une classe en raison d'un départ à la retraite, augmentant mathématiquement les effectifs dans les autres salles.
L'établissement comprend également un dispositif Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire), destiné à accompagner des enfants en situation de handicap ou de retard scolaire. Sabrina Girault craint un cercle vicieux : "La baisse de la natalité, on l’entend. Mais, plus on dégrade les conditions, plus les élèves vont migrer vers des écoles privées". Elle propose plutôt une opportunité : "On garde nos dix classes, on allège les effectifs. Et on accorde plus de place à l’accompagnement des écoliers".
Des classes déjà surchargées et des élèves en souffrance
Isabelle Vigne et Elodie Bibal, respectivement maîtresses de grande et moyenne section, partagent ce constat alarmant. "On voit que nos élèves sont déjà en souffrance", affirment-elles. Lors d'une visite des locaux, elles montrent la classe de moyenne section, qui compte déjà 27 places. "Actuellement c’est vide, mais imaginez 27 enfants qui s’installent. Ça prend de la place, ça s’agite", explique Elodie Bibal.
Pour ces enseignantes, la solution est claire : réduire de dix élèves par classe. "On le voit, quand il y a beaucoup d’absences, cela redevient déjà plus vivable", soupire Elodie Bibal. Au-delà des chiffres, elles soulignent les conséquences néfastes sur le comportement et l'apprentissage des enfants. "Certains soirs, on se demande réellement si l’élève a appris quelque chose de sa journée", ajoute Isabelle Vigne, qui dénonce aussi la "valse des ministres et des programmes" comme un facteur aggravant.
Des bases fragilisées pour l'avenir des élèves
Le problème ne s'arrête pas aux classes élémentaires. Isabelle Vigne met en garde : "Une fois passés dans les classes supérieures, les enfants n’ont pas toutes les bases". Cette situation, selon elle, équivaut à ce que la société se tire une balle dans le pied, compromettant l'éducation future des jeunes Gardois. La mobilisation devant l'école de Silhol reflète ainsi une inquiétude profonde face à la dégradation continue des conditions d'enseignement et à ses répercussions à long terme.



