Dans les Cévennes, un collectif de parents d'élèves issu de Lasalle, Saint-Jean-du-Gard, la Vallée Borgne, Saint-Étienne-Vallée-Française et Thoiras se mobilise pour l'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) dans les écoles maternelles et élémentaires. Ce programme national vise à apprendre aux enfants à se connaître, à connaître leur corps et à se protéger contre les violences sexistes et sexuelles. Cependant, dans le nord du Gard, sa mise en œuvre rencontre des obstacles.
Des enseignants démunis face à l'EVAR
En échangeant avec les équipes éducatives, des parents ont découvert que des enseignants volontaires se sentent souvent démunis face à ce sujet sensible. « Beaucoup d'instituteurs, une écrasante majorité de ceux avec qui nous avons communiqué, nous témoignaient qu'ils ne se sentaient pas à l'aise pour mener ces séances, qu'ils avaient besoin d'aide », explique Fanny, membre du collectif. Selon Cécile, porte-parole du groupe d'une cinquantaine de membres, « on s'est rendu compte qu'il y avait en permanence des blocages ».
L'interdiction des associations extérieures
Le collectif a alors cherché l'aide de professionnels spécialisés, mais « très rapidement, le rectorat a interdit l'intervention d'associations extérieures », déplore-t-il. Dans un courrier adressé à l'inspectrice, les parents écrivent : « Nous ne devrions pas être en train de négocier avec vous pour que vous ne repreniez pas des enseignants cherchant par eux-mêmes des informations. La formation officielle qui leur est promise n'est toujours pas effective. Il leur est interdit, dans l'académie de Montpellier, de faire appel à des associations extérieures expertes et agréées. »
Un combat national pour la protection des enfants
Le collectif souligne l'urgence : « Un enfant sur dix est victime d'inceste et 24 % des enfants subiraient des maltraitances graves. L'État a été condamné à payer 1 € symbolique pour n'avoir pas mis en place le programme EVAR. Nous accusons aujourd'hui le gouvernement et l'Éducation nationale de non-action envers les victimes d'inceste et de violence intrafamiliale. » Lundi 29 juin, une délégation doit être reçue au rectorat. Les parents réclament trois engagements : une date précise pour la formation des enseignants, la possibilité de faire appel aux associations agréées et la création d'un groupe de travail sur le repérage des violences.
La réponse de l'académie de Montpellier
Contactés, les services académiques regrettent « le caractère anonyme de cette démarche, qui fait obstacle à un échange constructif ». Ils rappellent que dans le premier degré, les séances EVAR sont « exclusivement assurées par les enseignants » pour garantir « un environnement stable et sécurisant ». L'académie affirme avoir déployé un vaste plan de formation depuis 2025, incluant séminaires, webinaires et sessions tout au long de l'année. Elle insiste sur le fait que les directeurs d'école veillent à la mise en œuvre des trois séances annuelles d'EVAR par niveau, et que tous les signalements liés à la protection de l'enfance sont traités « avec rigueur et diligence ».



