Gourou Casasnovas débouté par le tribunal de commerce de Nîmes
Casasnovas débouté pour l'eau de coco

Le tribunal de commerce de Nîmes a débouté Thierry Casasnovas, célèbre gourou du crudivorisme, de sa plainte en concurrence déloyale contre son ancien ami et partenaire commercial, Eric Viard, gérant de la société Biovie. Casasnovas réclamait près de 350 000 euros pour rupture abusive de partenariat dans la promotion de l'eau de noix de coco sous la marque Cocoboy.

Jugement du 18 juin : aucune faute retenue

Dans un jugement rendu le 18 juin, dont Midi Libre s'est procuré une copie, la juridiction a estimé qu'il n'y avait aucune faute de la part de Biovie. Le tribunal note une « dégradation des relations » entre les deux hommes, mais ne considère pas qu'ils étaient associés au point de caractériser une concurrence déloyale, même après que Biovie a lancé sa propre marque d'eau de coco.

Eric Viard avait expliqué à l'audience que la décision de cesser la collaboration était liée à la mise en cause de Casasnovas par la Miviludes (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires) : « On a décidé de ne plus collaborer avec lui et ça lui a été insupportable. » La défense de Casasnovas n'a pas souhaité réagir. Son avocat, Me Di Visio, a déploré : « Il faisait vendre et puis il ne faisait plus vendre, alors on l'a lâché. » Il n'a pas encore décidé s'il ferait appel.

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Casasnovas reste hyperactif malgré sa mise en examen

Malgré ce revers judiciaire, Thierry Casasnovas, qui se présente comme « vulgarisateur en naturopathie vitaliste hygiéniste », poursuit ses activités. Sur les réseaux sociaux, il affirme avoir marché 100 km jusqu'au mont Canigou et annonce sa participation au 6e congrès de « santé intégrative » dans le Jura le 21 juin, pour une conférence intitulée « Réconcilier Pasteur et Béchamp ». Il continue de diffuser des vidéos sur sa chaîne télé, où il aborde la fin des régimes, l'impact des lunettes de soleil sur l'horloge hormonale, ou encore la censure d'une vidéo sur la rémission d'un cancer du foie par des soins alternatifs.

Un contrôle judiciaire allégé mais toujours en vigueur

Casasnovas est mis en examen par une juge d'instruction pour huit délits, dont exercice illégal de la médecine, de la pharmacie, abus de faiblesse et abus de confiance. Son contrôle judiciaire, allégé, lui interdit notamment de parler d'hygiénisme ou de crudivorisme. Selon son avocat, il aurait le droit de publier des vidéos mais pas de donner des conférences. « Personne ne lui a dit qu'il n'en avait pas le droit de faire cette conférence », rétorque Me Di Visio, qui anticipe une issue favorable : « Le dossier s'est dégonflé, il bénéficiera d'un non-lieu partiel prochainement. »

Les parties civiles restent vigilantes

Me Jean-Baptiste Cesbron, avocat de parties civiles dans le dossier pénal, s'inquiète : « Il est à craindre que les agissements de Thierry Casasnovas reproduisent les mêmes effets qu'au moment de l'ouverture de l'enquête initiale. » La Miviludes continue de surveiller le gourou, dont la notoriété a explosé grâce à ses vidéos de conseils santé et ses stages payants.

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