Breil-sur-Roya : le conseil municipal vote une motion contre la fermeture d'une classe de maternelle
Le conseil municipal du village de Breil-sur-Roya, dans la vallée de la Roya, s'est réuni le vendredi 10 avril 2026 et a adopté à l'unanimité une motion pour protester contre la décision de l'inspecteur académique de fermer une classe de maternelle à la rentrée prochaine. Cette décision est vivement contestée par les élus locaux et les parents d'élèves, qui dénoncent des promesses non tenues de la part des autorités scolaires.
Des effectifs stables et des engagements trahis
Les élus municipaux expriment leur incompréhension face à cette fermeture envisagée, alors que les effectifs scolaires prévus pour la rentrée 2026 sont similaires à ceux de 2020, année où une huitième classe avait été ouverte. La motion, lue par Isabelle Sauve, première adjointe déléguée à l'éducation, rappelle que 161 élèves sont attendus, un chiffre équivalent à celui de 2020.
Le texte souligne également que la vallée de la Roya fait partie d'un territoire éducatif rural jusqu'à fin 2026 au moins, et que l'inspecteur académique s'était engagé en janvier 2025 à ne pas fermer de classe pendant la durée de ce programme, en contrepartie de la fusion des écoles élémentaire et maternelle. Cette fusion ayant été mise en œuvre dès la rentrée 2025, les élus insistent sur l'importance de respecter la parole donnée par l'État.
Un message désastreux pour la démographie locale
Les défenseurs de la classe menacée estiment qu'une fermeture enverrait « un message désastreux aux habitants comme aux futurs habitants », particulièrement après les difficultés causées par la tempête Alex. Ils voient dans les effectifs stables un signe de démographie retrouvée et un motif d'espoir pour la vallée.
La motion précise que le maintien de toutes les classes permettrait d'avoir un peu plus de 20 élèves par enseignant, soit plus que la moyenne nationale en zone rurale reculée. Avec une suppression, Breil-sur-Roya se retrouverait avec 23 élèves en moyenne par classe.
Des investissements municipaux importants
Les élus mettent en avant les efforts financiers considérables consentis par la mairie pour l'éducation. Plus d'un million d'euros ont été investis en 2018 pour rénover et agrandir la maternelle, y compris la création d'une salle de classe. Actuellement, près de 2,5 millions d'euros sont engagés pour la rénovation du bâtiment de l'école élémentaire.
Ces investissements rendent d'autant plus incompréhensible la menace de fermeture, qui pourrait également mettre en péril l'un des trois postes communaux d'Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles).
Une méthode contestée par le maire
Le maire Sébastien Olharan a exprimé son agacement face à la situation, dénonçant une méthode « assez malhonnête ». Il critique le fait que l'Éducation nationale présente cette mesure non comme une fermeture de classe, mais comme une transformation de poste, avec la création d'une unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A).
« Ce n'est pas la même chose d'avoir un enseignant devant une classe ou un enseignant en renfort pour un accompagnement supplémentaire, qui, en plus, n'est pas rattaché à notre seule école », a-t-il déclaré. Il souligne qu'un dispositif UPE2A n'existe pas pour les maternelles, uniquement pour l'école élémentaire, et qu'un soutien spécifique pour les élèves allophones est déjà en place.
Un soutien institutionnel et des perspectives de recours
Le maire a néanmoins salué la décision du conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN), qui a rejeté à l'unanimité la proposition de carte scolaire de l'inspecteur. Bien que cette instance ne soit que consultative, ce rejet constitue un soutien important pour la position municipale.
Sébastien Olharan indique avoir eu un échange téléphonique avec un conseiller du ministre de l'Éducation nationale, espérant faire comprendre « que la situation, ici, est un peu particulière ». Il affirme que si rien n'évolue après les vacances, la municipalité est prête à poursuivre le combat, y compris par un recours devant le Tribunal administratif pour contester la décision de fermeture.
La motion municipale exprime également la solidarité de Breil-sur-Roya avec la commune voisine de Sospel, qui fait face à une situation similaire de fermeture de classe jugée injustifiée au regard des effectifs.



