Le mermaiding, pratique consistant à nager avec une queue de sirène, connaît un essor notable en France. Après avoir émergé aux États-Unis dans les années 1990, le phénomène a gagné l'Hexagone, porté par des documentaires et une fiction récente. Netflix diffuse actuellement la série documentaire MerPeople, qui explore cet univers et son commerce florissant.
Un phénomène venu d'Amérique
Des milliers de femmes aux États-Unis enfilent des combinaisons de sirène, souvent dans l'espoir de remporter des concours comme Miss Mermaid Ohio ou Minnesota. En France, le premier témoignage notable remonte à 2019 avec le documentaire La Sirène de Fécamp de Pauline Brunner et Marion Verlé. Il suit Alexia Colibert, qui déclare : « Je me nomme Alexia, je suis grosse et ronde, donc comme personne veut de ma gueule, autant mettre les pieds sous l’eau et la tête avec. »
De l'écran à la fiction : Miss Mermaid
Six ans plus tard, les mêmes réalisatrices adaptent le documentaire en long métrage, Miss Mermaid. L'héroïne Fanny, interprétée par Aloïse Sauvage, se transforme en sirène : elle enfile une combinaison en forme de queue de dauphin, remontant jusqu'aux aisselles, avec écailles et nageoire. Fanny, divorcée, endettée, employée dans une conserverie, se lance dans le mermaiding. Sa collègue Paupiette (Annie Mercier) l'encourage : « Lance-toi, ma fille ! »
Une adaptation qui résiste à l'influence américaine
L'originalité de l'adaptation française réside dans le personnage de Tintin, joué par Thomas VDB. L'humoriste incarne un « déglingo de première » vivant sur un rafiot, élevant des poules et cultivant des radis. Ce zadiste marin dirige la chorégraphie aquatique de Fanny. Le film tord le cou au modèle américain en intégrant cet univers décalé.
L'écrivain Christophe Donner souligne que le plus encourageant est de voir comment les réalisatrices ont résisté à l'influence de l'Amérique. Il rappelle que la série Maximum Bob (1999) évoquait déjà des concours de sirènes, mais la version française apporte une touche intime et insurrectionnelle.



