Le port de plaisance de Frontignan poursuit sa révolution verte avec une capacité d'autofinancement importante et des projets tournés vers l'avenir. Entre les marines de la Grande-Motte et de Carnon, le port de Frontignan a choisi une autre voie : celle de la tranquillité pour ses plaisanciers, de la proximité avec la nature et d'un engagement de longue date pour l'environnement.
Une identité assumée
Cette identité est résumée par son directeur, Jacques de Lalaubie : « Les espaces naturels autour du port sont notre carte de visite pour nous démarquer des autres, ainsi que notre accueil et tout le travail fourni depuis des décennies en matière de préservation de l'environnement. »
Tout commence en 1997, lorsque la Ville reprend la gestion du port en régie municipale. L'environnement s'impose d'emblée comme la priorité : récupération des eaux souillées de l'aire de carénage, création d'une déchetterie portuaire, pompe pour les eaux usées, utilisation de produits d'entretien écolabellisés, aires de compostage partagés… Les travaux s'enchaînent pour mettre la zone technique aux normes.
750 anneaux et de nouveaux services
Le port ne s'est pas contenté de verdir ses pratiques. Il a aussi grandi. En 2022, le nombre d'anneaux est passé de 600 à 750, tous occupés à l'année depuis lors. Des postes d'accostage saisonniers ont été aménagés à l'avant-port, et un ponton en U a vu le jour pour développer les activités nautiques et attirer les touristes. Des entreprises du secteur maritime – accastillage, chantiers navals, voilerie – ont également trouvé leur place dans une zone dédiée.
Jean-Louis Molto, maire adjoint délégué au port de plaisance, aux espaces balnéaires et littoraux, explique : « En parallèle de tout cela, nous avons aussi développé des services aux plaisanciers pour accroître l'attractivité du port, avec des aides à la manœuvre, à l'embarquement et à l'amarrage. » Un dragage du port a également été réalisé pour réduire l'ensablement à l'entrée.
Panneaux solaires, eau dessalée et bornes électriques
Le port regarde aussi vers demain. Pour réduire sa facture énergétique, il envisage l'installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures et d'ombrières sur son grand parking. En ces temps de raréfaction de la ressource en eau, utiliser de l'eau potable pour nettoyer les bateaux n'est plus tenable. La dessalinisation est une piste, mais le port préfère observer avant de se lancer.
L'élu confie : « On attend de voir comment les autres se débrouillent avant de se lancer pour éviter toute gabegie », en citant les expériences en cours à Port-Vendres et Narbonne-Plage. Enfin, avec l'électrification en cours des moteurs de bateaux, l'installation de bornes de recharge s'annonce comme une étape incontournable et bénéfique pour la qualité de l'air et de l'eau sur le port comme en mer.
Avec tous ces défis qui se profilent, le port de plaisance compte bien ne pas rester sur le banc de touche et ne pas naviguer à vue.



