Vierzon : le maire RN supprime la commémoration de l'abolition de l'esclavage
Vierzon : le maire RN annule la commémoration du 10-Mai

Vierzon : la commémoration de l'abolition de l'esclavage supprimée par la nouvelle majorité d'extrême droite

La ville de Vierzon, dans le Cher, est au cœur d'une polémique. La nouvelle majorité municipale, issue d'une union d'extrême droite arrivée en tête en mars 2026, a décidé de ne pas organiser la journée de commémoration du 10-Mai, dédiée à l'abolition de l'esclavage. Une décision justifiée par des raisons économiques et un supposé désintérêt des habitants.

Des arguments budgétaires et historiques contestés

Yves Husté, maire-adjoint Les Républicains (LR) et délégué à la mémoire et aux anciens combattants, a expliqué à l'AFP que cette journée ne figure pas parmi les 12 journées commémoratives nationales obligatoires. Il a également souligné que « personne ne venait » à cette cérémonie, estimant que « c'est un fait historique qui n'a aucun lien avec le présent ». L'élu a aussi mis en avant les difficultés financières de la ville de 25 000 habitants, qui cumule une dette de 32 millions d'euros et 2,5 millions de factures impayées. Le coût de la cérémonie, environ 1 500 euros, serait selon lui une économie nécessaire pour éviter la mise sous tutelle.

Une cérémonie alternative organisée par l'ancien maire

Nicolas Sansu, député communiste du Cher et ancien maire de Vierzon, a réagi en organisant une cérémonie avec dépôt de fleurs, allocutions et lectures de poèmes. Sur Facebook, il a appelé à « ne rien laisser passer » face à ce qu'il qualifie de « petites touches visant à fragiliser la République et à réviser son Histoire par des oublis opportuns ». Yves Husté a déclaré comprendre l'attachement à cette journée et a précisé ne pas avoir empêché la tenue de cette cérémonie alternative.

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Un contexte politique tendu

Vierzon, bastion de gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et communiste depuis 2008, a basculé en mars 2026 avec l'élection de Yannick Le Roux, policier de 50 ans, à la tête d'une liste regroupant des élus du Rassemblement National et de Reconquête !. Il a obtenu 47,87 % des suffrages exprimés. Cette décision suscite des réactions indignées de la part des associations antiracistes et des partis de gauche, qui y voient une volonté de révision historique et un mépris pour la mémoire des victimes de l'esclavage.

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