La pause estivale des sénateurs : une date butoir au 14 juillet ?
À partir de quand commencera, cette année, la pause estivale des sénateurs ? Interrogé sur le sujet lors de son passage sur le plateau de la matinale Bonjour ! de TF1 jeudi, le président du Sénat, Gérard Larcher, a évoqué la date du 14 juillet sans la confirmer. « Nous avons à achever un certain nombre de textes qui sont parmi les prioritaires : la loi de programmation militaire, loi d’urgence agricole, une loi sur le logement… », énumère-t-il dans un premier temps.
Il poursuit : « Ces textes, il faut qu’on les achève. Mais nous avons besoin, après le 14 juillet… On légifère très mal en général après le 14 juillet. […] Et là nous avons un rendez-vous démocratique important qui s’appelle les élections sénatoriales ».
Comme souvent, ce type d’annonce a fait réagir les réseaux sociaux. Des affirmations erronées sur le temps de repos des sénateurs ont ainsi circulé. Dans ce post vu plus de 600 000 fois, au-dessus de l’extrait de Gérard Larcher sur le plateau de TF1, cet internaute écrit : « Un sénateur c’est 19 semaines de congés payés par an. Trois mois de vacances l’été ». Des chiffres que l’on retrouve dans d’autres publications bien moins visibles. Mais alors, qu’en est-il ?
FAKE OFF : des sessions extraordinaires et un travail de terrain
En dessous de la publication originale, l’internaute explique utiliser le calendrier des sessions 2025-2026 au Sénat comme « source ». Un calendrier qui, comme l’écrit l’internaute, « commence en octobre et [se] termine en juin ». Cette période, définie par l’article 28 de la Constitution, correspond aux sessions ordinaires.
Comme il n’y en a pas sur les mois de juillet, août, et septembre, on pourrait penser que les sénateurs bénéficient de « trois mois de vacances ». Or, c’est complètement faux. Il en est de même pour les soi-disant « semaines de congés payés ». « Pour les parlementaires, il n’existe pas de congés payés », nous répond un sénateur LR. Un point également soulevé par une source au sein du groupe socialiste au Sénat.
Tout d’abord, comme l’indique la Constitution, des sessions extraordinaires peuvent s’ajouter à ces sessions ordinaires, sur demande du Premier Ministre. Ce fut le cas l’année dernière, où une session extraordinaire s’était tenue du 1er au 11 juillet. Au cours de cette période, sept séances avaient alors eu lieu au Palais du Luxembourg.
« Du travail sur le terrain »
Deuxièmement, quand bien même les sénateurs n’ont plus de sessions, ils ne sont pas en vacances. « Notre travail se répartit entre Paris et notre circonscription », tient à rappeler Corinne Bourcier, sénatrice du Maine-et-Loire (Groupe Les Indépendants). « On profite de ne pas avoir de session pour faire du travail sur le terrain, pour rencontrer les élus locaux et les associations », poursuit-elle. « On prépare aussi les futurs textes ».
Un travail sur le terrain qui, avec les élections sénatoriales en septembre prochain, s’annonce important pour certains élus. La moitié des sénateurs arrivent en fin de mandat et sont donc concernés par un renouvellement. « Une campagne sénatoriale, c’est la rencontre avec les élus. […] Cela nécessite du temps », a d’ailleurs relevé Gérard Larcher sur TF1.
Les différents sénateurs ayant répondu à nos sollicitations nous assurent prendre du repos au mois d’août. « Trois semaines » pour Corinne Bourcier - « avec de la comptabilité à faire » précise-t-elle. « Deux semaines » pour le sénateur LR interrogé.



