Les centres de rétention administrative (CRA) en France sont de plus en plus perçus comme une extension du milieu carcéral, selon un rapport publié ce mardi. Destinés à accueillir les étrangers en situation irrégulière en attente d'expulsion, ces lieux sont critiqués pour leurs conditions de vie, leur sécurité renforcée et leur fonctionnement similaire à celui des prisons.
Des conditions de vie dénoncées
Le rapport, rédigé par plusieurs associations de défense des droits des migrants, pointe du doigt la promiscuité, le manque d'intimité et l'absence d'activités constructives dans les CRA. Les retenus y sont souvent enfermés 24 heures sur 24, avec un accès limité à l'air libre et aux soins médicaux. « Les centres de rétention sont devenus des prisons déguisées », dénonce une porte-parole de l'association La Cimade.
Un régime de sécurité renforcé
Les mesures de sécurité dans ces centres se sont considérablement durcies ces dernières années. Les fouilles corporelles systématiques, la vidéosurveillance constante et l'utilisation de menottes lors des transferts sont désormais monnaie courante. « On traite les migrants comme des criminels, alors qu'ils n'ont commis aucun délit », s'indigne un avocat spécialisé.
Des chiffres en hausse
Le nombre de personnes placées en rétention administrative a augmenté de 15% en 2025, atteignant près de 50 000 personnes. Cette hausse s'explique par une politique migratoire de plus en plus répressive, selon les associations. La durée moyenne de rétention est de 25 jours, mais certains retenus peuvent y rester jusqu'à 90 jours.
Des alternatives à la rétention
Les associations appellent à développer des alternatives à la rétention, comme l'assignation à résidence ou le placement dans des centres ouverts. « Il est urgent de mettre fin à cette dérive carcérale et de respecter la dignité des personnes migrantes », conclut le rapport.
Le gouvernement, de son côté, justifie ces mesures par la nécessité de contrôler l'immigration et d'assurer l'exécution des décisions d'éloignement. Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré que « les conditions de rétention sont conformes à la loi et aux normes européennes ».



