Départs massifs de policiers municipaux de Saint-Laurent-du-Var vers Cagnes-sur-Mer
Départs de policiers : malaise ou appel d'air à Saint-Laurent

D'ici septembre, huit agents de la police municipale de Saint-Laurent-du-Var auront quitté leur poste pour rejoindre celle de Cagnes-sur-Mer. Après deux départs en mai, six autres sont prévus, dont le chef de service Frédéric Berthoin, qui devient numéro 1 à Cagnes. Cette vague interroge : est-ce l'effet de l'appel d'air du nouveau maire RN Bryan Masson, ou le signe d'un malaise profond ?

Un contexte de tensions internes

Des agents sur le départ, témoignant anonymement, évoquent une « mauvaise ambiance » et un service « en souffrance, en sous-effectif depuis des années ». Ils rappellent les affaires de 2023 et 2025 : un groupe WhatsApp où étaient fichées illégalement des informations confidentielles, ayant entraîné cinq blâmes, dont un pour Berthoin, puis des rapports internes sur des insultes racistes et une bavure. Les deux policiers ayant dénoncé ces faits ont été sanctionnés pour harcèlement (l'un suspendu, l'autre révoqué), tandis que l'accusé de violences a reçu un avertissement. L'enquête judiciaire suit son cours.

« Cela nous a définitivement dévalorisés, démoralisés », confient les partants, qui critiquent aussi la direction : « aucune feuille de route ne permettait de se projeter dans les missions ».

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L'attrait de Cagnes-sur-Mer

Bryan Masson, nouveau maire de Cagnes, a « préparé le terrain » pour attirer ces agents. Il promet 20 recrutements (pour 1,5 million d'euros par an), un maître-chien, une brigade nautique. « Il y a de l'ambition ! » s'enthousiasme un agent, qui nuance : « On n'est pas des mercenaires. Ce n'est pas un choix facile. » Les salaires et primes augmentent, mais le départ dégrade les conditions de travail des collègues restants.

Les promesses non tenues à Saint-Laurent

« Ça fait des années qu'ils nous promettent des renforts, où sont-ils ? » déplore un agent. Le maire Joseph Segura (Nouvelle Énergie) assure que les dossiers avancent : un poste de police en centre-ville ouvrira en 2027, un commissariat mutualisé au Point-du-Jour, deux nouvelles voitures, et 36 candidatures pour remplacer les départs. « Les huit départs seront remplacés, mais pas plus. L'État doit embaucher », déclare-t-il. Les agents partants jugent ces mesures « beaucoup trop tard ».

Une gestion critiquée

Un agent reproche à Segura, ancien policier, de croire qu'il pouvait gérer la sécurité : « En public, il disait qu'on était les meilleurs, mais on ne le voyait pas souvent. » Le maire a passé la main à son adjointe Florence Espanol, mais les tensions persistent avec le chef Olivier Cases, que des rumeurs disent poussé vers la sortie. Cases et Espanol démentent : « Il y a une très bonne ambiance de travail et personne n'est viré. »

L'entourage du maire reconnaît que seule une victoire du RN aux municipales aurait pu retenir les agents. Bryan Masson n'aurait pas lésé un ami : « C'est une évidence. »

Un poste de police en centre-ville d'ici 2027

L'antenne de police, annoncée en mars 2026 pendant la campagne, ouvrira au premier trimestre 2027. Une affiche promettait une ouverture « prochainement », ce que Segura réfute comme calcul électoral : « La création avait été décidée en décembre. Il fallait l'annoncer ! » Après des travaux à partir d'octobre 2026, 16 agents assureront une mission de proximité de 8h à 20h.

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