Eric Ciotti propose un nouveau terrain à Darmanin pour la prison de Nice
Ciotti propose un nouveau terrain pour la prison de Nice

Le maire de Nice, Eric Ciotti, est sorti d'une rencontre avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ce mardi 26 mai 2026, en lui remettant un courrier en main propre. Il propose un nouvel emplacement pour l'implantation de la future maison d'arrêt de Nice, un terrain situé à l'ouest de la ville, au cœur de la plaine du Var, entre l'autoroute A8 et le boulevard du Mercantour. Cette emprise foncière d'environ 53.000 m² est jugée « particulièrement adaptée » par la municipalité pour accueillir un équipement pénitentiaire de cette envergure. C'est la première fois que ce site est évoqué comme candidat pour un tel projet.

Un dossier paralysé depuis plus de vingt ans

Le projet de nouvelle prison niçoise est bloqué depuis plus de deux décennies, entravé par la difficulté de trouver un terrain disponible et par le manque de volonté politique. En 2017, un terrain avait été trouvé et approuvé par le ministère à Saint-Laurent-du-Var, mais les maires Joseph Segura et Christian Estrosi avaient opposé leur veto. Depuis, de nombreuses pistes ont été explorées sans succès : les terrains SNCF à Saint-Roch, le plateau Tercier à Drap, ou encore Saint-Isidore.

Dans sa lettre au garde des Sceaux, Eric Ciotti insiste sur l'urgence de la situation. La prison actuelle de Nice, construite à la fin des années 1880, est vétuste et « particulièrement préoccupante ». Le taux d'occupation frôle constamment les 200 %, bien au-dessus de la moyenne nationale, ce qui asphyxie l'institution. Selon le maire UDR-RN, « cette saturation compromet gravement les conditions de travail des personnels pénitentiaires, les conditions de détention ainsi que l'exécution effective des peines ».

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Un défi social et humain

Le choix de ce terrain soulève un défi social et humain de taille. Actuellement, le site est occupé par la résidence sociale « Nicéa », gérée par Adoma, historiquement connue sous le nom de foyer Sonacotra. En lisière de la 202, cette structure sociale est à bout de souffle. En 2023, le rapport annuel sur le mal-logement de la Fondation Abbé-Pierre l'avait qualifiée de « quartier le plus pauvre des quartiers prioritaires de France ». Le foyer compte un peu plus de 1.000 chambres, majoritairement occupées par des chibanis, ces « têtes blanches » de l'immigration ouvrière venues travailler en France dans les années 1970.

Eric Ciotti explique qu'un travail de libération foncière a été amorcé, avec un relogement progressif des occupants planifié. Le calendrier de cette restructuration s'échelonne jusqu'en 2032. Selon nos informations, trois sites ont été retenus pour accueillir les résidents : le 18 boulevard Paul Montel, aux Moulins, le 20 route de Turin et le 4 rue Sorgentino, l'ancien Ehpad Fornero Meneï, fermé depuis 2023, qui comptait 50 lits. « Il est essentiel que ce dossier puisse désormais avancer rapidement », conclut le maire de Nice.

Quid du méga-hôpital d'Estrosi ?

La tâche s'annonce complexe, car l'emprise de l'ex-foyer Sonacotra, qui abrite aussi des locaux, un parking et une salle de prière, a déjà été au centre d'autres projets. En 2016, Christian Estrosi y avait annoncé vouloir construire une mosquée assortie d'un espace culturel, d'exposition et de rencontres sur près de 1.000 m², projet abandonné en 2019. C'est sur cette même emprise que l'ancien maire de Nice avait, en 2023, programmé la construction d'un méga-hôpital à l'horizon 2031/2032, destiné à regrouper les structures de Lenval, du centre Antoine-Lacassagne, de L'Archet et de Cimiez.

La balle est désormais dans le camp de la place Vendôme, qui devra trancher sur la faisabilité technique et le financement du projet.

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