Le conseil municipal de Béziers s'est réuni ce mardi 21 avril pour débattre, entre autres sujets, du Compte financier unique (CFU) pour l'exercice 2025. Ce document, qui fusionne les anciens compte de gestion et compte administratif, offre une vision synthétique des recettes et dépenses de la ville, tant en investissement qu'en fonctionnement, ainsi que de sa dette et de son épargne. L'adoption du CFU a été l'occasion d'échanges vifs entre la majorité menée par le maire Robert Ménard et l'opposition.
Des objectifs atteints selon la majorité
L'adjointe aux finances, Laurence Rul, a souligné que tous les objectifs fixés lors du débat d'orientation budgétaire pour 2025 ont été atteints. Ainsi, 48,3 millions d'euros de dépenses d'équipement ont été réalisés, notamment pour des projets tels que le Quai Port-Neuf, Capnau, la gare, l'écluse ou encore l'escalier de Saint-Jacques. Sans augmentation des taux d'imposition, l'épargne brute est restée supérieure à 20 millions d'euros, s'établissant à 27,1 millions d'euros au 31 décembre 2025. Toutefois, l'encours de la dette a augmenté de 3 millions d'euros par rapport à 2024, atteignant 125,3 millions d'euros. Malgré cette hausse, la capacité de désendettement de Béziers, grâce au niveau élevé de l'épargne brute, s'améliore : elle passe à 4,6 années, contre 5 ans en 2024 et 9,2 ans en 2014.
Les critiques de l'opposition
Le député Julien Gabarron (Rassemblement National) a pointé du doigt la dépendance fiscale de la ville : "60 % des recettes de fonctionnement reposent sur la fiscalité, ce qui ne laisse aucune marge de manœuvre". Il a également souligné que l'investissement, bien que soutenu, dépend largement d'une dette en augmentation constante depuis six ans, et que 35 % de cette dette est à taux variable, alors que les taux repartent à la hausse. En réponse, Robert Ménard a rétorqué : "J'aurais aimé que M. le député précise que les taux des impôts n'ont pas augmenté depuis 2014". De son côté, Thierry Antoine (Printemps de Béziers) a estimé que "un exercice ne se juge pas seulement à sa solidité comptable. À la lecture de ce document, je vois surtout une logique financière mais pas une logique de justice sociale. Or, la guerre contre la pauvreté est loin d'être terminée".
Un échange tendu sur les choix budgétaires
La séance a été marquée par une intervention de Robert Ménard répondant à une remarque de Nadia Boulet (Rassembler Béziers) : "On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas demander à augmenter le budget pour lutter contre ceci ou cela et proposer dans le même temps qu'on baisse nos recettes (en l'occurrence le taux de la taxe foncière). Ce n'est pas possible, il faut faire des choix". Cette déclaration illustre les tensions récurrentes entre la majorité et l'opposition sur les priorités budgétaires de la ville.



