Budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence validé sous tutelle
Budget 2026 d'Aix-Marseille-Provence validé sous tutelle

La copie fait grincer des dents, mais elle est validée. Ce mardi, le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski a décidé d'arrêter le budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence, selon un communiqué de la préfecture parvenu à la rédaction de 20 Minutes. L'établissement public, présidé par Nicolas Isnard, était placé sous tutelle de l'État depuis quelques semaines, faute d'avoir voté son budget métropolitain fin avril.

Un trou de 144 millions d'euros

Face à un trou annoncé de 123 millions d'euros, les élus avaient renoncé au vote, refusant les coupes nécessaires pour parvenir à l'équilibre et imputant le déficit à une baisse des financements de l'État. La Chambre régionale des comptes (CRC) avait donc été saisie par le préfet et chargée d'élaborer ce budget à l'équilibre. Une telle mise sous tutelle est rarissime. En 2025, le département de la Charente avait connu une procédure similaire, tout comme la Guadeloupe à la fin des années 1990.

Pour trouver les 144 millions d'euros manquants, contre les 123 millions estimés dans un premier temps par la métropole, la copie de la CRC ne prévoit pas de hausse d'impôts mais propose plusieurs lignes d'économies pour un montant de 91 millions d'euros, notamment 30 millions d'euros sur le forfait versé à la RTM (Régie des transports métropolitains).

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L'instance propose également une baisse d'environ 53 millions d'euros de la dotation de solidarité communautaire (DSC), mécanisme de péréquation fiscale visant à corriger les inégalités de ressources entre communes. Les coupes proposées concernent les 92 communes, mais Marseille devrait être la principale perdante avec 36 millions d'euros en moins. Aix-en-Provence devrait perdre 1,3 million d'euros.

Des coupes déplorées

La veille, lundi, 82 des 92 maires de la métropole s'étaient réunis et avaient déploré ces coupes budgétaires proposées. S'ils s'étaient réjouis de voir le contribuable épargné de « toute hausse de fiscalité », ils avaient regretté « la ponction proposée sur les financements alloués aux communes. » « Devant cette impasse, soit les budgets successifs raboteront année après année les politiques publiques métropolitaines, soit de nouvelles recettes devront être mobilisées », indiquait la métropole dans un communiqué.

Les maires réclament, une nouvelle fois, à l'État, « le déplafonnement du Versement Mobilité à l'instar du Grand Paris. » Cette taxe, payée par les entreprises, peut monter jusqu'à 3,20 % sur les territoires du Grand Paris, mais est fixée à 2 % pour Aix-Marseille-Provence. Un point d'augmentation représenterait environ 220 millions d'euros de recettes supplémentaires, mais le montant de cette taxe ne peut être modifié que par la loi. « Enfin et unanimement, les maires considèrent que le temps est surtout venu que l'État, avec leur soutien, repense le financement, les compétences et le périmètre de la métropole », ajoute le communiqué.

Pas de faillite

De son côté, le préfet souligne que la métropole Aix-Marseille-Provence « n'est pas en faillite ». « C'est d'ailleurs l'une des collectivités les plus soutenues de France, grâce notamment à des subventions d'investissement pour un montant de 95 millions d'euros en 2025 », souligne le communiqué qui pointe que la dotation générale de fonctionnement (DGF) s'élève à 131,8 euros par habitant contre 84,3 euros par habitant en moyenne pour les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

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