Le pape Léon XIV attendu à Paris et Lourdes fin septembre
Pape Léon XIV en France : Paris et Lourdes au programme

Le souverain pontife a fait connaître son souhait de se rendre dans la cité mariale lors d’une visite en France qui inclurait également Paris. La Conférence des évêques de France l’assure, et Lourdes se prépare avec impatience. Avant la communion, la confirmation : le pape Léon XIV est attendu dans l’Hexagone à la fin du mois de septembre, a indiqué la Conférence des évêques de France. « Dans le programme envisagé, le pape Léon XIV pourrait se rendre à Paris et à Lourdes », précise le collège par communiqué. L’officialisation du Vatican est attendue d’un jour à l’autre.

Un déplacement attendu depuis 2008

Ce déplacement, espéré depuis 2008 par le sanctuaire, est d’abord le résultat d’une cour intensive du clergé français. « Depuis son élection, il y a un an, le pape Léon XIV a été sollicité par plusieurs évêques pour venir en France, confirme la Conférence. Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, en lien avec le nonce apostolique, l’a officiellement invité. » L’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas, a personnellement porté la bonne parole auprès du Saint-Père au mois de juin.

Une portée diplomatique

Cette visite, si elle se confirme, aura aussi une portée diplomatique, alors que les relations entre la France et le Saint-Siège s’étaient quelque peu refroidies ces dernières années. Après une grande messe à Marseille en 2023, le pape François avait snobé l’inauguration de Notre-Dame en décembre 2024 et préféré se rendre en Corse une semaine plus tard. Emmanuel Macron a donc appuyé l’invitation française à son successeur, lors de sa rencontre avec Léon XIV, à Rome, le 10 avril dernier.

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Programme : Notre-Dame, les affaires, la fin de vie

Le programme de la visite pontificale est encore à préciser, mais son séjour parisien devrait s’articuler autour de la cathédrale rénovée. Le pape pourrait y conduire un office avant de rencontrer les diocèses franciliens et quelques personnalités. Le président de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, Jean-Marc Sauvé, pourrait être de ceux-là. « Le Saint-Siège s’intéresse à sa méthodologie de l’Église de France sur les abus sexuels après une certaine perplexité autour de la question : fallait-il ouvrir la boîte de Pandore ? »

« La question des abus sexuels dans l’Église sera évoquée, confirme Monseigneur Micas. L’Église de France a agi un peu avant les autres et le Saint-Siège s’intéresse à sa méthodologie après une certaine perplexité autour de la question : fallait-il ouvrir la boîte de Pandore ? » À Paris ou à Lourdes, il devrait être question de l’affaire Bétharram, dont le collectif de victimes entend demander une audience au pape. « C’est une question qui est bien présente dans le projet de programme », confirme l’évêque des Hautes-Pyrénées.

Renouveau de la foi et questions de société

Le Saint-Siège entend également saisir les ressorts du renouveau de la foi en France, matérialisé par les conversions d’adultes de plus en plus nombreuses. « Il y aura sans doute un échange sur les questions de société de notre pays, notamment sur les projets de loi euthanasie, précise Mgr Micas. C’est un sujet qui préoccupe beaucoup le Vatican parce qu’il renvoie à notre relation à la vie. »

Les hôteliers dans les starting-blocks

Le programme de la visite à Lourdes devrait se construire, lui aussi, autour d’une célébration menée par Léon XIV. Le pape ira à la rencontre des pèlerins et des malades avant d’assister à la réunion des évêques de France. La cité mariale s’y voit déjà… « Tout le monde espère que tout cela va vite se confirmer, indique Franck, un habitant du centre-ville qui affiche une photo avec Jean-Paul II dans son salon. Les gens sont enthousiasmés par cette hypothèse. Se projeter sur la venue du pape, ça fait du bien, ça apporte un peu de sérénité plutôt que de penser à toutes ces guerres. »

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L’enthousiasme se vérifie sur les plateformes de réservation hôtelières. La dernière semaine de septembre est très demandée alors qu’il s’agit généralement d’une période creuse qui précède le grand pèlerinage du Rosaire, début octobre. « On voit qu’il y a un engouement, assure Marie-Laure, directrice de l’hôtel Miramont, sur la grande avenue Peyremale. Ce n’est pas encore l’afflux mais ça commence. » L’établissement, situé le long du Gave de Pau, propose 92 chambres. « C’est sûr que si le pape confirme sa venue, elles ne suffiront pas ! » Preuve en est apportée chez son voisin, l’hôtel Adonis, où les 115 chambres sont réservées entre les 24 et 30 septembre. « Il nous reste encore quelques chambres disponibles pour les 22-23 septembre mais après c’est complet complet », sourit Alisson, à la réception de ce grand paquebot gris blanc, l’un des hôtels les plus proches du sanctuaire. « J’étais là pour Jean-Paul II en 2004 et Benoît XVI en 2008, se remémore Marie-Laure, à l’hôtel Miramont. Ces déplacements drainent énormément de monde et de ferveur. Cela va faire du bien à la ville et aux pèlerins. J’espère que ça participera d’un regain de foi dont on a bien besoin aujourd’hui. »