Mélenchon défend ses écorégions pour séduire les écologistes
Mélenchon défend ses écorégions pour attirer les écolos

À l'approche de la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a présenté le 3 juillet 2026 une proposition phare : le découpage de la France en 11 écorégions. Cette initiative vise à séduire l'électorat écologiste, un enjeu crucial pour rassembler une majorité au premier tour.

Un projet inspiré des bioregions

Lors d'un meeting à Lyon, Mélenchon a détaillé son concept, qui s'inspire des bioregions théorisées par l'écologue américain Peter Berg. « Il s'agit de repenser l'organisation territoriale en fonction des écosystèmes naturels, et non des frontières administratives héritées de l'histoire », a-t-il expliqué. Ces écorégions seraient définies par des critères géographiques, climatiques et hydrologiques, comme les bassins versants ou les massifs montagneux.

Le projet prévoit par exemple une écorégion « Alpes-Méditerranée » regroupant la Provence-Alpes-Côte d'Azur et une partie d'Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore une « écorégion atlantique » allant des Pays de la Loire à la Nouvelle-Aquitaine. Au total, 11 entités remplaceraient les 13 régions actuelles, avec des compétences élargies en matière de transition écologique.

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Un appel aux écologistes

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions entre La France Insoumise et Europe Écologie Les Verts (EELV). En 2022, les deux partis avaient échoué à s'entendre pour une candidature commune. Mélenchon espère que cette proposition convaincra les écologistes de le rejoindre. « Nous devons construire un front commun pour le climat et la justice sociale », a-t-il lancé, en critiquant la « timidité » des Verts sur les questions institutionnelles.

Selon un sondage Ifop publié en juin 2026, 62 % des électeurs écologistes se disent ouverts à une alliance avec Mélenchon, à condition que l'écologie soit au cœur du programme. « Les écorégions sont une réponse concrète à cette attente », affirme un porte-parole de LFI.

Des critiques sur la faisabilité

Le projet suscite des réserves, y compris à gauche. Certains élus socialistes y voient une « usine à gaz » qui ajouterait de la complexité à un millefeuille territorial déjà dense. « Supprimer les régions actuelles pour en créer de nouvelles, c'est une dépense d'énergie inutile », a commenté le député PS Jérôme Guedj. Le géographe Michel Lussault, interrogé par Le Monde, estime que « le découpage en écorégions est séduisant sur le plan théorique, mais soulève des questions de gouvernance et de financement ».

De son côté, EELV a salué « une avancée dans le débat écologique » tout en restant prudent. « Nous attendons de voir les modalités concrètes, notamment sur la démocratie participative locale », a déclaré la porte-parole du parti, Marine Tondelier.

Un enjeu électoral majeur

Pour Mélenchon, cette proposition s'inscrit dans une stratégie plus large de reconquête de l'électorat de gauche. En 2022, il avait recueilli 21,95 % des voix au premier tour, mais avait échoué à atteindre le second. Les écologistes représentent aujourd'hui environ 15 % des intentions de vote, selon les enquêtes d'opinion. « Si nous parvenons à capter cette dynamique, nous pouvons gagner », assure un stratège de LFI.

Le candidat insoumis prévoit de détailler son projet lors d'une série de déplacements dans les mois à venir, en commençant par une visite dans la vallée de la Loire, une zone clé pour l'écorégion atlantique.

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