À l’approche des vacances, l’inquiétude pourrait grandir parmi tous les amoureux de la baignade. Une étude, publiée par l’ONG Surfrider Foundation Europe en partenariat avec le laboratoire Eurofins, révèle une contamination généralisée et massive des eaux récréatives françaises par les PFAS, ces substances chimiques ultra-persistantes appelées « polluants éternels ». Sur les 107 sites testés, des lacs, des rivières ou des plages littorales, aucun n’est épargné par la pollution chimique, selon un communiqué diffusé par l’ONG ce vendredi.
Jusqu’à présent, la présence des PFAS dans les zones de loisirs aquatiques restait un angle mort de la recherche scientifique
Surfrider a déployé 80 bénévoles pour prélever des échantillons dans les eaux de sites fréquentés par des baigneurs, des surfeurs et des amateurs de sports nautiques. Le laboratoire Eurofins a ensuite recherché la trace de 58 composés de la grande famille chimique des PFAS. Les conclusions de l’ONG dépassent les prévisions, en particulier pour le milieu marin, qui était jusqu’ici peu surveillé.
Les seuils réglementaires largement dépassés
Selon les normes de la Directive cadre sur l’eau (DCE) européenne, 78 % des sites testés en eau douce (lacs et rivières) dépassent les valeurs maximales autorisées. Sur le littoral, 44 % des plages analysées sont au-dessus des limites réglementaires.
Une pollution complexe avec 23 PFAS quantifiés
La pollution s’avère d’une grande complexité, avec 23 PFAS quantifiés dans ces eaux. Parmi eux, le TFA, composé classé comme « toxique pour la reproduction » par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), a été détecté dans la totalité (100 %) des échantillons, à des concentrations jusqu’alors insoupçonnées. « Les analyses démontrent que même des substances interdites depuis plusieurs années, comme le PFOS et le PFOA, continuent de polluer nos eaux à des niveaux élevés en raison de leur persistance exceptionnelle », s’alarme l’ONG.
Surfrider Foundation Europe interpelle les autorités
Face à ce danger qui menace à la fois les écosystèmes et la santé publique, Surfrider Foundation Europe tire la sonnette d’alarme et interpelle la Commission européenne et les États membres. L’ONG appelle à une interdiction universelle de l’usage des PFAS pour stopper la pollution à la source. Elle exige aussi un renforcement du contrôle des eaux, en particulier en mer, et l’application du principe du « pollueur-payeur » pour financer la décontamination des sites. Enfin, elle demande l’établissement de normes européennes standardisées de baignade officielles, avec une recherche systématique des PFAS dans le contrôle sanitaire des eaux de baignade.



