Vence dans la tourmente post-électorale : plaintes et recours se multiplient
Les élections municipales de Vence, qui se sont tenues le 22 mars 2026, laissent derrière elles un climat tendu et des contentieux judiciaires. Au moins deux plaintes et un recours administratif ont été officiellement enregistrés suite à des incidents survenus durant la campagne électorale, particulièrement dans ses dernières heures.
Des affiches falsifiées par intelligence artificielle
Le vendredi 20 mars 2026, à la veille du second tour, des affiches mystérieuses ont fait leur apparition sur les panneaux de la ville. Ces visuels, clairement générés par intelligence artificielle, représentaient la candidate Anne Sattonnet - désormais élue maire - entourée de figures politiques nationales comme Éric Ciotti, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le message, signé « Le maquis des Baous », proclamait : « La déferlante xénophobe ne passera pas par Vence ».
Anne Sattonnet a réagi rapidement. Dans les minutes précédant le délai de fin de campagne électorale (fixé à minuit), elle a publié sur les réseaux sociaux une photo montrant une femme en train de coller ces documents, avant de la retirer presque immédiatement. Elle expliquera plus tard avoir voulu « prendre soin de vérifier ce dont il s'agissait » avant toute publication définitive.
Première plainte déposée par la nouvelle maire
Dès le samedi 21 mars, Anne Sattonnet s'est rendue à la gendarmerie pour déposer plainte. Dans sa déclaration, elle invoque « utilisation sans autorisation de mon image », « atteinte à mon image » et « propos diffamatoires ». La candidate devenue première magistrate de la ville entend ainsi défendre sa réputation contre ce qu'elle considère comme une manipulation malveillante.
Une seconde plainte pour deep-fake
Mais l'affaire prend une tournure encore plus complexe lorsque Laurence Thiébaut, ancienne élue et proche du maire sortant Régis Lebigre, porte également plainte. En cause : la photo publiée puis retirée par Anne Sattonnet, qui s'avère être elle-même un deep-fake (montage réalisé par IA) où Laurence Thiébaut est reconnaissable.
Dans sa plainte déposée le même samedi matin, Laurence Thiébaut déclare : « Mon image a été dégradée suite à cette publication, ainsi que celle du maire parce que je le soutiens. Je souhaite déposer plainte contre Mme Sattonnet Anne pour la manipulation et 'fake-news'. » Elle transmet même le document enregistré à la gendarmerie au journal Nice-Matin pour étayer ses accusations.
Un recours administratif pour annulation des élections
Parallèlement à ces affaires d'images falsifiées, les colistiers de Régis Lebigre ont déposé un recours devant le tribunal administratif. Dans un communiqué transmis à Nice-Matin, ils affirment : « Nous avons constaté un certain nombre d'irrégularités durant la campagne électorale et le jour du scrutin du second tour. Avec plusieurs colistiers, nous avons déposé un recours pour demander l'annulation des opérations électorales. »
Les auteurs du recours, dont six membres siègent désormais dans l'opposition municipale, n'ont pas précisé la nature exacte des irrégularités alléguées. Ils se contentent d'indiquer que « le juge de l'élection » devra se prononcer « à la lumière des pièces que nous lui avons soumises ». Cette démarche intervient alors que la liste de Régis Lebigre a perdu l'élection face à Anne Sattonnet par seulement 109 voix d'écart, un résultat particulièrement serré qui explique sans doute la volonté de contester le scrutin.
Un contexte électoral particulièrement tendu
Ces développements judiciaires et administratifs surviennent après une campagne municipale décrite comme « houleuse » à Vence. Les derniers jours ont été marqués par des tensions visibles, avec ces affiches falsifiées apparues dans l'espace public alors que le silence électoral approchait.
Il est à noter que les autres listes candidates n'ont, à ce jour, déposé aucun recours. Seule l'équipe du maire sortant a engagé cette procédure administrative, tandis que les deux plaintes concernent spécifiquement l'utilisation d'images manipulées par intelligence artificielle.
L'affaire illustre les nouveaux défis posés par les technologies numériques aux processus démocratiques, avec des outils comme l'IA permettant désormais de créer des contenus falsifiés d'apparence crédible. Les autorités judiciaires et administratives devront maintenant trancher ces différents contentieux dans une ville où le climat politique reste particulièrement électrique après des élections aux résultats très serrés.



