Municipales 2026 à Bouzigues : une commune en pleine tourmente politique
À Bouzigues, petit village de l'Hérault, la vie municipale s'apparente à un véritable feuilleton politique depuis près de deux ans. Budget retoqué, maire dépossédé de ses pouvoirs par sa propre majorité, démissions en série et votes farfelus : la commune de 1 600 habitants est au point mort, et les électeurs espèrent que les élections municipales de mars 2026 permettront de sortir de cette impasse.
Un conflit ouvert depuis 2023
Tout commence en décembre 2023 et janvier 2024, lorsque la majorité du maire Cédric Raja rejette à deux reprises le budget communal. Jean-Jacques Chastel, ancien adjoint aux finances, dénonce une « banqueroute » imminente. Le maire, lui, accuse ses opposants de privilégier « leur intérêt personnel avant celui de la commune » et les invite à démissionner collectivement. En mai 2024, le préfet de l'Hérault valide finalement le budget sur avis de la Chambre régionale des comptes. « La prise d'otage de notre village est enfin terminée », déclare alors Cédric Raja. Mais le calme est de courte durée.
Un maire privé de ses délégations
L'été 2024 marque un tournant : le conseil municipal retire au maire une vingtaine de délégations, le privant de la possibilité de préempter, d'emprunter, de demander des subventions ou d'engager des actions en justice. « On me retire le stylo pour signer les chèques… Je vais devoir convoquer un conseil pour changer la roue d'une tondeuse », déplore alors Cédric Raja. La nouvelle majorité, menée par Jean-Jacques Chastel et Pierre Bras, affirme vouloir « protéger le village » et « garantir la transparence des décisions ». Interrogé sur ses intentions pour 2026, Pierre Bras élude : « Nous nous exprimerons le moment venu. »
Des tentatives de déblocage infructueuses
Lassé par l'impasse et les départs dans ses services – la directrice générale des services a également jeté l'éponge –, le maire saisit directement le président de la République en décembre 2024 pour demander la dissolution du conseil municipal. Sans suite. Début 2025, il essuie une nouvelle déconvenue avec la démission de quatre élus fidèles, dont deux adjoints. Malgré tout, Cédric Raja confirme sa candidature pour 2026 en février dernier : « Je serai candidat. Je remets les clés du village au peuple en 2026. »
Une vie municipale absurde
Aujourd'hui encore, la situation reste bloquée. Au printemps, le budget a été voté avec seulement deux voix « pour », celles du maire et du seul adjoint qui lui reste fidèle. Privé de ses pouvoirs, le maire fait voter des achats de chocolats de Pâques, de coffrets gourmands ou de fournitures de bureau, illustrant l'ampleur du blocage. Les échanges, souvent virulents, se font par lettres d'information dans le village, chaque camp accusant l'autre de « favoritisme », de « sabotage » et même de « trahison », sur fond d'emprises foncières et de contentieux.
Vers des municipales sous tension
Les Bouzigauds devront choisir entre un maire qui a vécu un premier mandat chaotique et une liste menée par ceux qui étaient ses alliés il y a cinq ans. L'enjeu est de taille : sortir la commune de la paralysie et relancer les projets. Rendez-vous en mars 2026 pour un scrutin qui s'annonce tendu.



