Des candidats LFI ciblés par une campagne de dénigrement
Lors des élections municipales de mars 2026, plusieurs candidats de La France Insoumise (LFI) ont été la cible d'une vaste campagne de désinformation en ligne. Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix ont vu leur réputation attaquée par de faux profils et des sites web diffusant des accusations infondées. Cette opération, révélée par le journal Le Monde le 9 mars, visait également le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Le rôle de Viginum et les accusations d'ingérence étrangère
Le service français de lutte contre les manipulations numériques, Viginum, a rapidement identifié des "caractéristiques d'inauthenticité" dans les comptes et sites utilisés, notamment des photos générées par intelligence artificielle. Le 12 mars, Viginum a qualifié officiellement l'opération d'"ingérence numérique étrangère". Selon l'agence Reuters, les renseignements français attribuent cette campagne à une entité liée à des intérêts israéliens nommée "BlackCore".
Des accusations graves et des preuves troublantes
Dès février, Sébastien Delogu a été accusé de viol et de violences par un faux profil nommé "Sophie". Des tracts avec QR code renvoyant vers ce profil ont été placardés à Marseille. Un autre site vendait un calendrier dénudé du député, généré par IA. François Piquemal, quant à lui, a été accusé de pédocriminalité sur une page Facebook. Un site intitulé "l'Alternative 2026" prétendait aider les citoyens musulmans à identifier des candidats partageant leurs valeurs, mais ne listait que des Insoumis.
L'enquête sur BlackCore et ses ramifications
L'enquête conjointe de Libération et Haaretz a permis de remonter jusqu'à deux entreprises israéliennes, Galacticos Ltd. et SNI Digital, toutes deux domiciliées au même cabinet d'avocats à Tel-Aviv. Leur directeur, Doron Afik, nie toute affiliation avec BlackCore. L'ancien candidat de téléréalité Guy Geyor et l'ex-directeur de l'agence de cybersécurité israélienne Yigal Unna sont également mentionnés, mais ils démentent toute implication.
Un rapport caviardé et des questions politiques
Le Canard Enchaîné a révélé qu'un rapport du Réseau de coordination et de protection des élections sur cette ingérence aurait été "caviardé" par les autorités. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "omerta" et une "honte". Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a promis que le rapport serait publié et qu'une action judiciaire était engagée. Les Insoumis demandent au gouvernement d'agir pour protéger la présidentielle de 2027 de telles ingérences.



