Un recours pour anomalies déposé après une défaite serrée à Bords
Alain Bellu, candidat du Rassemblement National, a officiellement déposé un recours auprès du tribunal administratif de Poitiers suite à sa courte défaite lors des élections municipales de Bords, une commune de près de 1 400 habitants située entre Saintes et Rochefort. Le scrutin, qui s'est tenu dimanche 22 mars, a vu la communiste Christine Vernon l'emporter par seulement deux voix, avec 284 suffrages contre 282 pour le candidat RN. Le maire sortant, Bruno Boulestin, a quant à lui obtenu 207 voix.
Des anomalies constatées après coup sur les listes d'émargement
Le candidat du Rassemblement National affirme avoir découvert des irrégularités après la proclamation des résultats. « Lundi 23 mars, je me suis rendu à la préfecture pour vérifier s'il n'y avait pas eu une erreur », explique Alain Bellu, contacté ce lundi 13 avril. « On a constaté certaines anomalies sur les listes d'émargement notamment. » Le candidat, qui ne souhaite pas préciser la nature exacte de ces anomalies, reconnaît cependant qu'il n'avait émis aucun doute le soir même de sa défaite. « La victoire de Christine Vernon était actée sur le papier », complète-t-il.
Une audience prévue fin mai devant le tribunal administratif
L'audience devant le tribunal administratif de Poitiers est fixée au mardi 26 mai. Alain Bellu insiste sur le fait que son recours ne vise pas directement la nouvelle maire, mais plutôt le maire sortant. « Je fais ce recours, je vise plus Bruno Boulestin que Madame Vernon », déclare-t-il. De son côté, Bruno Boulestin a reçu deux lettres recommandées du tribunal, tout comme les quinze conseillers municipaux de Bords. « Je suis surpris par l'attitude de M. Bellu, sans vraiment l'être », confie l'édile sortant.
Les anomalies alléguées : signatures manquantes et émargements erronés
Dans la seconde missive envoyée par le tribunal, les anomalies constatées par le candidat RN sont listées. Selon Bruno Boulestin, « il manquerait la signature d'un électeur dans le registre d'émargement ». Il ajoute que « plusieurs émargements n'auraient pas été faits au bon endroit » et que « il manquerait peut-être certaines signatures des assesseurs sur les bulletins blancs et nuls ». Christine Vernon, la nouvelle maire, exprime quant à elle son incompréhension face à cette démarche. « M. Bellu dit que ce recours n'est pas contre notre liste mais en fait, si », souligne-t-elle, rappelant que le candidat RN aurait pu signaler ses doutes le soir du dépouillement.
Cette affaire illustre les tensions qui peuvent surgir lors d'élections très serrées, où chaque voix compte et où la régularité des procédures est scrutée à la loupe. Le tribunal administratif devra maintenant trancher sur la validité de ces allégations d'anomalies, dans une commune où le résultat final a tenu à un écart infime.



