8 heures du matin, ce samedi. Les cloches des vaches résonnent dans le village de Saint-Geniez-d’Olt (Aveyron) et Gabriel Attal s’installe sur les bancs en bois, posés au cœur de la petite commune. Devant lui, une assiette de charcuterie et de fromages dans laquelle il pioche allègrement. Au lendemain de sa candidature à la présidentielle, l’élu francilien s’offre de belles images au milieu des bovins. « Je démarre moi aussi une transhumance, sourit-il, et je veux côtoyer les sommets. »
Un bain de foule dans l'Aveyron
Sur la scène en bois, il prend « l’engagement » de revenir dans un an, pour la 30e édition de la fête aveyronnaise, mais cette fois-ci, en tant que chef de l’État. Bâton de pèlerin à la main, il suit le troupeau. « C’est Gaby ? » s’interroge une habitante, les yeux plissés pour tenter d’apercevoir l’ex-Premier ministre au milieu de la foule et des nombreuses caméras.
Réactions contrastées des habitants
Annie s’approche. « N’oubliez pas la ruralité, le prévient la sexagénaire. Même quand vous serez président, sinon ministre. » Lui n’envisage que la première option. Gabriel Attal s’éloigne. « Il semble plus à l’écoute et moins déconnecté que d’autres, débriefe-t-elle. Ce n’est pas mes idées car je suis de gauche. Mais si, au second tour, il est face à (Jordan) Bardella ou (Bruno) Retailleau, je voterai pour lui. »
« Joooooordan, Jooooooordan ! » crie, quelques mètres plus loin, Claude, un retraité. « C’est Bardella qui peut changer la France, pas lui ! » fustige-t-il. Le candidat Renaissance, qui enchaîne les selfies, promet pourtant la rupture. « Je veux sortir la France du blocage. Et je suis sur le terrain pour cela », assure le chef de Renaissance.
Un style chiracquien assumé
Au « bar du centre », il se fait offrir une bière et la boit à grandes gorgées. La comparaison avec Jacques Chirac s’avère flagrante. Peut-être trop, au goût de celui qui ne vient pas du camp de la droite. « Je ne suis pas dans le mimétisme », s’agace-t-il, face aux nombreuses questions des journalistes.
Tensions avec le camp Philippe
La veille, Édouard Philippe a lui aussi été interrogé sur la comparaison, initiée par certains membres du clan Attal, avec la guerre Chirac-Balladur, il y a plus de 40 ans. « Ça m’en touche une sans faire remuer l’autre », a tenté de minimiser le patron d’Horizons sur France 5. Lui préférerait être comparé au gagnant de la présidentielle de 1995, plutôt qu’au perdant.
« Cela démontre une fébrilité et une violence du camp Philippe, fait valoir un proche de Gabriel Attal. On le constate aussi sur les réseaux sociaux. » La campagne à peine démarrée, le ton monte déjà entre les deux camps du bloc central. Des premières crispations rompant le pacte de non-agression scellé entre les deux anciens Premiers ministres. Et il reste onze mois avant l’élection. « Putain, onze mois ! » se serait inquiétée la marionnette des Guignols de Jacques Chirac.



