Emmanuel Macron au Groenland : une visite sous le signe de la solidarité et de la souveraineté
Le président français Emmanuel Macron se rend ce dimanche 15 juin 2025 au Groenland, porteur d'un message de solidarité pour ce territoire autonome du Danemark, convoité par Donald Trump et confronté à une fonte des glaces accélérée. Il est le premier chef d'État étranger à fouler le sol groenlandais depuis les menaces d'annexion du président américain.
Un territoire convoité
Donald Trump, invoquant des raisons de sécurité internationale, ambitionne de s'emparer de cette île, la plus grande du monde, riche en métaux rares, par tous les moyens, y compris militaires. En réponse, Emmanuel Macron a déclaré que le Groenland n'est pas à prendre et a rejeté toute prédation, bien que l'Élysée démente toute dimension personnelle dans ce déplacement.
Un programme en trois temps
Attendu à 11h30 locales à Nuuk, la capitale, le président se rendra sur un glacier, dans une centrale hydroélectrique et à bord d'une frégate danoise. Ces trois séquences visent à délivrer trois messages : le soutien européen à la souveraineté et l'intégrité territoriale du Groenland, son développement économique et la mobilisation contre la fonte alarmante des glaciers.
Le chef de l'État est accompagné de la Première ministre danoise Mette Frederiksen et du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen. L'Élysée insiste sur le fait que cette visite se fait à leur invitation et constitue un signal en soi.
Un accueil contrasté
Cet accueil diffère de celui réservé au vice-président américain JD Vance le 28 mars, qui avait dû se cantonner à la base militaire américaine de Pituffik face au tollé suscité. La population groenlandaise, majoritairement inuite, rejette toute perspective d'annexion. Le Danemark martèle que le Groenland n'est pas à vendre.
JD Vance avait accusé le Danemark de ne pas avoir fait du bon travail pour le peuple groenlandais. La base de Pituffik, située sur la trajectoire la plus courte des missiles entre la Russie et les États-Unis, est un maillon crucial de la défense antimissile américaine.
Enjeux arctiques
L'Arctique devient un enjeu de sécurité dans la course aux terres rares et aux nouvelles routes maritimes. Le Danemark a annoncé deux milliards d'euros pour renforcer la sécurité dans l'Arctique, tandis que l'Otan installe un centre de commandement en Norvège. La Russie cherche également à conforter sa puissance militaire dans la région.
Fonte des glaces et action climatique
Quelques jours avant la visite, deux bâtiments de la marine française ont longé le Groenland pour se familiariser avec les opérations arctiques. Emmanuel Macron se rendra sur un glacier du mont Nunatarsuaq pour constater l'impact du réchauffement climatique. La glace a fondu 17 fois plus vite que la moyenne historique entre le 15 et le 21 mai, résultat d'une vague de chaleur record.
Projet français et coopération européenne
La France entend réinvestir massivement dans les connaissances de ces écosystèmes, dans la tradition de l'explorateur Paul-Emile Victor. Le refuge de ce dernier, construit en 1950, a récemment été classé bâtiment historique. À la centrale hydroélectrique de Buksefjorden, financée par l'UE, les dirigeants aborderont la décarbonation et l'énergie pour le développement de l'île.
Le Groenland, bien que hors UE, est un territoire associé. L'Élysée évoque la recherche de la meilleure architecture de coopération entre l'Union européenne et le Groenland.



