À la veille du déplacement de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, en Algérie, Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, a haussé le ton en réclamant une « diplomatie de la fermeté » vis-à-vis d'Alger. Dans une déclaration transmise à la presse, il a estimé que la France devait cesser toute « complaisance » et poser des conditions claires sur les questions migratoires et de sécurité.
Une position tranchée sur les visas et la coopération
Jacobelli a notamment insisté sur la nécessité de conditionner la délivrance de visas aux ressortissants algériens à une coopération effective en matière de réadmission des migrants en situation irrégulière. Il a également plaidé pour un réexamen des accords bilatéraux de 1968, qui accordent un statut spécifique aux Algériens en France. Selon lui, ces accords seraient « obsolètes » et favoriseraient une immigration non maîtrisée.
Un contexte de tensions diplomatiques
Cette prise de position intervient dans un climat déjà tendu entre Paris et Alger, marqué par des désaccords sur la question mémorielle et les ingérences présumées. Le porte-parole du RN a accusé l'Algérie de « jouer un double jeu » et de ne pas respecter ses engagements en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Il a appelé Darmanin à ne pas se contenter de « déclarations de bonnes intentions » mais à exiger des actes concrets.
La visite de Darmanin sous haute surveillance
Le ministre de l'Intérieur doit se rendre à Alger pour des discussions centrées sur la coopération policière et la gestion des flux migratoires. Mais pour Jacobelli, cette visite ne doit pas être une simple formalité. Il a réclamé que la France utilise tous les leviers à sa disposition, y compris économiques, pour obtenir des garanties de la part des autorités algériennes. « Nous ne pouvons plus accepter que l'Algérie nous dicte sa loi tout en refusant de reprendre ses ressortissants », a-t-il déclaré.
Les réactions politiques
Du côté de la majorité présidentielle, on temporise en rappelant la nécessité de maintenir un dialogue constructif. Un proche de Darmanin a souligné que le ministre aborderait ces sujets « avec la fermeté nécessaire, mais dans le respect mutuel ». L'opposition de gauche, quant à elle, a dénoncé les propos de Jacobelli, les qualifiant de « contre-productifs » et de « dangereux pour les relations bilatérales ». La visite de Darmanin est donc attendue comme un test de la capacité du gouvernement à concilier fermeté et diplomatie.



