La décision d'exclure Mayotte de la Commission de l'océan Indien (COI) a ravivé les tensions entre la France et les Comores. Cette exclusion, votée lors du sommet des chefs d'État de l'organisation régionale, est perçue comme une victoire diplomatique pour Moroni, qui revendique la souveraineté sur l'île française depuis son indépendance en 1975.
Un sujet de discorde historique
Mayotte, département français d'outre-mer depuis 2011, est revendiquée par les Comores comme faisant partie intégrante de son territoire. Cette question empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies. L'exclusion de Mayotte de la COI, dont la France est membre, constitue un nouvel épisode de ce conflit.
Les réactions françaises
Paris a vivement réagi à cette décision, dénonçant une « violation des principes de l'organisation ». Le ministère des Affaires étrangères français a rappelé que Mayotte est un territoire français et que son exclusion est « inacceptable ». La France a également menacé de suspendre sa participation à la COI si cette décision n'était pas annulée.
La position comorienne
Les Comores, de leur côté, se félicitent de cette exclusion, qu'elles considèrent comme une reconnaissance de leur souveraineté sur Mayotte. Le président comorien a déclaré que « Mayotte est comorienne et le restera ». Il a également appelé la France à engager des négociations sur le statut de l'île.
Les enjeux régionaux
Cette exclusion intervient dans un contexte régional complexe. La COI, qui regroupe les États membres de l'océan Indien, est un acteur clé pour la coopération économique et sécuritaire dans la région. L'absence de Mayotte pourrait affaiblir la position française dans l'océan Indien, où la Chine et d'autres puissances cherchent à accroître leur influence.
Quelles conséquences pour Mayotte ?
Pour Mayotte, cette exclusion pourrait avoir des conséquences économiques et diplomatiques. L'île perdrait l'accès aux programmes de coopération régionale de la COI, notamment dans les domaines de la pêche, de l'environnement et de la sécurité maritime. Les élus mahorais ont exprimé leur inquiétude et appellent l'État français à réagir fermement.
Vers une escalade ?
Les tensions entre la France et les Comores pourraient s'aggraver si aucune solution diplomatique n'est trouvée. La France pourrait utiliser son veto au sein de la COI pour bloquer certaines décisions, tandis que les Comores pourraient chercher à internationaliser le conflit en saisissant l'Union africaine ou les Nations unies.
Cette affaire rappelle que la question de Mayotte reste un point de friction majeur dans les relations franco-comoriennes. L'exclusion de l'île de la COI est un signal fort qui pourrait inciter les deux parties à reprendre le dialogue, mais aussi à durcir leurs positions.



