Dans une déclaration choc lors d'un meeting en Floride, Donald Trump a annoncé son intention de réformer le football américain pour le rendre « plus dur et plus excitant ». L'ancien président, qui brigue un nouveau mandat, a proposé de supprimer plusieurs règles de sécurité mises en place ces dernières années pour réduire les commotions cérébrales et les blessures graves.
Des propositions radicales
Trump a notamment suggéré de revenir sur l'interdiction des tacles à la tête et d'autoriser à nouveau les « spear tackles », ces plaquages dangereux où le joueur utilise son casque comme une arme. Il a également critiqué les nouvelles règles limitant les contacts à l'entraînement, les qualifiant de « mesures de mauviettes ».
Selon une étude de l'Université de Boston citée par le journal, les commotions cérébrales dans la NFL ont diminué de 25 % depuis l'instauration de ces règles en 2018. Trump a balayé ces chiffres, affirmant que « le football n'est pas un jeu pour les fragiles ».
Réactions indignées
La NFL a immédiatement réagi par un communiqué : « La sécurité des joueurs est notre priorité absolue. Nous ne reviendrons pas sur des décisions fondées sur des décennies de recherche médicale. » Plusieurs joueurs en activité ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. Le quarterback des Kansas City Chiefs, Patrick Mahomes, a tweeté : « C'est irresponsable. Nos vies et notre santé ne sont pas une option politique. »
Des experts en médecine sportive, comme le Dr. Bennet Omalu, le neurologue qui a découvert l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) chez les joueurs, ont qualifié les propos de Trump de « dangereux et contraires à toute éthique médicale ». Selon une étude de la NFL elle-même, 99 % des cerveaux de joueurs décédés examinés présentaient des signes d'ETC.
Un calcul politique
Pour certains analystes, cette sortie s'inscrit dans une stratégie électorale visant à séduire les électeurs conservateurs ruraux, fervents amateurs de football et critiques des « excès du politiquement correct ». Trump a d'ailleurs lié son projet à la lutte contre la « cancel culture », affirmant que « le vrai football américain, c'est la force, la virilité, pas les règles de l'ONU ».
Le candidat démocrate Joe Biden a dénoncé une « proposition absurde qui mettrait en danger des milliers de jeunes athlètes ». La Maison-Blanche a indiqué qu'aucune modification des règles fédérales n'était envisagée en ce sens, le sport étant régulé par les ligues professionnelles et les universités.
Un débat relancé
Cette polémique relance le débat sur la violence dans le sport américain. Alors que les cas de lésions cérébrales chez les anciens joueurs se multiplient, la NFL a dépensé plus d'un milliard de dollars en indemnisations et en recherche sur la sécurité. Trump propose au contraire de faire machine arrière, au nom du « spectacle » et de la tradition.
Les prochains mois verront probablement des discussions houleuses, mais les spécialistes estiment peu probable que la NFL cède aux pressions politiques. Comme le résume un entraîneur anonyme cité par ESPN : « Trump peut dire ce qu'il veut, mais ce sont nos gars qui prennent les coups. On ne va pas les envoyer à l'abattoir pour un discours de campagne. »



