Plasma lyophilisé : l'armée teste un nouveau procédé pour sauver des vies
Plasma lyophilisé : l'armée teste un nouveau procédé

Un besoin vital en cas de conflit armé

Ce n’est pas forcément la première capacité d’une nation à laquelle on pense, en cas de conflit armé. La production de plasma est pourtant vitale pour secourir les soldats gravement blessés au front. Selon le médecin-chef des services hors classe Jean-Jacques Lataillade, directeur du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA), un groupe de travail au niveau de l’Otan a prévu un scénario de 1.000 blessés par jour, dont 20 % nécessiteraient une transfusion, ce qui impliquerait la production de 1.600 unités d’équivalent de sang total par jour. Il ajoute que ce scénario est probablement largement sous-estimé, et qu’il est nécessaire de réfléchir à des solutions pour augmenter les capacités de production, notamment de plasma lyophilisé.

Le plasma, un produit idéal pour les urgences

Avant la transfusion de sang total, qui peut difficilement se réaliser sur le théâtre d’opérations, un blessé de guerre en choc hémorragique doit se faire transfuser en urgence avec un produit qui va permettre de « faire le pont ». Le plasma est le produit idéal. Une étude a montré que la mortalité peut être diminuée de près 10 % quand on transfuse avec du plasma dans les trente premières minutes, comparativement à des solutés de remplissage, souligne Jean-Jacques Lataillade.

Le plasma lyophilisé est plus adapté au contexte militaire que le plasma précongelé, ce dernier étant moins transportable. À ce jour, le service de santé des armées produit du plasma lyophilisé universel (Plyo), qui provient des plasmas de 10 donneurs différents. Le directeur du CTSA explique qu’il s’agit d’une lyophilisation par cryogénie, donc à froid, avec une descente en température puis deux remontées successives en température, pour faire évaporer l’eau du plasma congelé.

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Le VeliPod : une innovation prometteuse

L’établissement militaire a présenté il y a quelques jours à l’hôpital Percy à Clamart (Hauts-de-Seine) un nouveau procédé, le VeliPod. Ce dispositif développé par la société américaine Velico Medical utilise un procédé innovant de dessiccation par pulvérisation à chaud. Il convertit le plasma en une poudre ultralégère, qui se conserve à température ambiante, « comme du lait pour bébé », explique Sébastien Manzet, médecin-chef des services de classe normale, directeur adjoint du CTSA. Cette technologie permet de s’affranchir totalement de la chaîne du froid. Le plasma sec se réhydrate ensuite en moins de deux minutes et demie, contre six minutes pour le Plyo, pour être transfusé.

Cette méthode présente d’autres avantages, notamment une rapidité d’exécution inédite, avec la production d’une poche en moins d’une heure, contre cinq jours pour le Plyo. Ce qui offre des possibilités de production à plus grande échelle. Composé simplement de deux conteneurs permettant la stérilisation et le séchage du plasma, le VeliPod ne nécessite qu’un approvisionnement en eau et en électricité, et permet la production de plasma sans exiger d’infrastructures lourdes comme des salles blanches. Le système est configuré pour être mobile et déployable rapidement, par exemple sur des bases militaires.

Une phase d'évaluation d'un an

Le CTSA assure que cette innovation ouvre de nouvelles perspectives pour la prise en charge rapide des blessés. Le procédé est entré en phase d’évaluation durant une année. Si la phase de test donne pleine satisfaction, cette innovation technologique s’inscrira comme une solution permettant de répondre aux besoins croissants en plasma sec en situation de conflit de haute intensité.

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