Peintre officiel de l’armée de Terre, le Bagnolais Paul Anastasiu a été choisi pour créer les deux grandes sculptures de démineurs destinées au nouveau monument aux morts du 1er Régiment étranger de génie (REG) à Laudun-l’Ardoise. Dans le jardin de sa maison retirée de la campagne bagnolaise, il travaille inlassablement à cette œuvre monumentale.
Un artiste légionnaire au service de la mémoire
À partir de deux imposants blocs de marbre d’une blancheur immaculée, Paul Anastasiu façonne jour après jour des statues de légionnaires. « Ce sont des démineurs : le sergent, debout, et le caporal, en action », explique l’artiste, qui est peintre officiel de l’armée de Terre. Ce titre, précise-t-il, « englobe aussi les sculpteurs et les photographes. Je suis commandant à titre honorifique. »
Ancien légionnaire du 1er REG, Paul Anastasiu est surtout connu pour ses peintures aux couteaux, ainsi que pour avoir créé l’insigne du régiment basé dans le Gard rhodanien. « J’ai appris la sculpture aux côtés de mon père, qui était sculpteur pour les monuments en Roumanie », confie-t-il. Son père était également militaire, pilote de chasse. Pour ses sculptures, l’artiste a photographié deux légionnaires du 1er REG afin de s’en inspirer.
Des sculptures au cœur du monument
Depuis des mois, le quinquagénaire a délaissé son atelier pour honorer cette commande. « Ces sculptures de militaires seront le cœur du monument, situé sur un lieu de passage du quartier général Rollet, pour que tout le monde puisse le voir », souligne-t-il. De part et d’autre des militaires seront érigées les colonnes de Baalbek, symbole du 6e REI dont est issu le 1er REG, et le Pont-du-Gard, « pour symboliser l’implantation du régiment dans le Gard ».
Pour ses statues, Paul Anastasiu a choisi le marbre local de Tavel, « plus dur que tous les autres marbres ». Il prévoit qu’un an ne sera pas de trop pour achever son œuvre. « Il a bien fallu trois ans à Michel-Ange pour créer son David de 5 mètres de haut ! », plaisante-t-il. Son sergent de marbre, lui, s’élève à près de 2,50 mètres.
Une carrière riche et éclectique
Jamais Paul Anastasiu ne s’était confronté à de telles sculptures. « J’en avais fait de plus petites », admet-il. Son domaine de prédilection reste la peinture aux couteaux, qu’il pratique depuis plus de 25 ans et pour laquelle il a reçu de nombreux prix. Sur les murs de sa maison, comme dans une galerie d’art, il expose ses créations, certaines vendues. On y trouve des représentations militaires, prisées par les hauts gradés, mais aussi des portraits d’un samouraï, de Brigitte Bardot, de la princesse de Roumanie, ou encore une scène du Tour de France.
Dans son atelier trône un portrait du sculpteur roumain Brancusi, qu’il a peint à la demande du consul général de Roumanie à Marseille pour les 150 ans de sa naissance. Un artiste que le père du peintre légionnaire admirait. Cet éclectisme séduit toutes sortes d’amateurs d’art. « J’ai vendu des tableaux dans le monde entier », souligne Paul Anastasiu. Sur ses œuvres, il signe de son nom et de deux épées croisées, « comme tous les peintres officiels de l’armée de Terre ».
Parmi ses autres réalisations, il a peint Charles de Foucauld, militaire devenu religieux, et la basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Un samouraï est également exposé chez lui, à côté de Saint-Antoine, patron de la Légion.



