Capdevielle : les repreneurs blanchis après dix ans de procédure
Le 22 octobre 2021, Jean-Luc Gibier et Philippe de Saint-Rapt, les deux repreneurs de l'entreprise Capdevielle, ont été définitivement blanchis par la justice dans l'affaire d'abus de biens sociaux qui les poursuivait depuis la liquidation de l'entreprise en 2010. Retour en dates sur l'histoire de ce fleuron du meuble français, fondé en 1929 à Hagetmau dans les Landes.
Les débuts prometteurs
Fondée en 1929 par la famille Capdevielle, l'entreprise spécialisée dans la fabrication de canapés devient rapidement l'un des leaders français du secteur. En 1998, elle tente une première sous-traitance en Tunisie, finalement abandonnée. L'année suivante, elle ouvre une unité de production à Chaumont, en Haute-Marne.
En 2001, Capdevielle reprend une unité de piquage à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques). Au 31 décembre 2003, l'entreprise compte 1 230 salariés : 1 037 à Hagetmau, 165 à Chaumont et 28 à Saint-Pée-sur-Nivelle.
Les difficultés s'accumulent
À partir de 2004, les ennuis commencent. Le prix des matières premières (mousse, acier) explose, tandis que la concurrence des pays à bas coûts (Europe de l'Est et Asie) s'intensifie. Les grandes surfaces, principaux clients, font pression sur les fournisseurs.
En mars 2005, le PDG Jean-Claude Capdevielle annonce une restructuration : 147 suppressions d'emploi à Chaumont (fermeture de l'unité) et 20 licenciements à Hagetmau. Parallèlement, une usine est inaugurée en Pologne (Kanapol), et la sous-traitance démarre en Chine et en Espagne.
En 2007, un nouveau plan social supprime 133 postes à Hagetmau et ferme l'unité de Saint-Pée-sur-Nivelle (27 licenciements). La sous-traitance en Chine s'intensifie.
Le rachat par GMSI et la liquidation
En janvier 2008, Capdevielle est rachetée par le fonds d'investissement luxembourgeois GMSI pour un euro symbolique. Jean-Luc Gibier et Philippe de Saint-Rapt arrivent avec 9 millions d'euros, accompagnés par Jean-Claude Capdevielle. La filiale polonaise est fermée et remplacée par une unité en Tunisie, Kanamed (150 emplois).
En 2009, le chiffre d'affaires chute : de 44 millions d'euros avec But en 2008, il passe à 24 millions en 2009, puis une dizaine de millions en 2010. L'entreprise dépose le bilan et est placée en redressement judiciaire. En juillet, un PSE supprime 233 postes à Hagetmau.
Le 19 avril 2010, le tribunal de commerce prononce la liquidation immédiate de Capdevielle. 468 salariés sont licenciés. Le volet pénal est déclenché, les repreneurs étant suspectés d'abus de biens sociaux.
La procédure judiciaire
En novembre 2013, Jean-Claude Capdevielle, Jean-Luc Gibier et Philippe de Saint-Rapt comparaissent pour abus de biens sociaux. Le 21 janvier 2014, le tribunal prononce la relaxe.
En 2016, la cour d'appel de Pau relaxe Jean-Claude Capdevielle mais condamne Gibier et Saint-Rapt à quatre mois de prison ferme et 25 000 euros d'amende, ainsi qu'à verser solidairement 400 000 euros à la liquidation judiciaire.
En octobre 2017, la Cour de cassation casse cet arrêt et renvoie l'affaire devant la cour d'appel d'Agen. Le 22 octobre 2020, celle-ci confirme la relaxe générale. Le 22 octobre 2021, la justice blanchit définitivement les deux repreneurs, mettant fin à dix ans de procédure.



