Alta Ares révolutionne la défense anti-drone avec ses intercepteurs à intelligence artificielle
En novembre 2025, lors d'une visite officielle à Paris, la start-up française Alta Ares a présenté au président ukrainien Volodymyr Zelensky son drone intercepteur X-Wing. Cette innovation technologique intègre une intelligence artificielle avancée et est spécifiquement conçue pour détruire en vol les drones Shahed d'origine russe qui menacent régulièrement l'Ukraine.
Un dôme de protection de 18 kilomètres de rayon
Le système développé par Alta Ares repose sur une architecture complète. Plusieurs drones intercepteurs à décollage vertical sont déployés en coordination avec un radar et une station de guidage au sol. Ensemble, ils peuvent créer un véritable dôme de protection sur un périmètre impressionnant de 18 kilomètres. Testé directement sur le terrain ukrainien, le X-Wing a démontré son efficacité en abattant des drones Shahed avec une rapidité remarquable.
L'intelligence artificielle fait la différence selon Hadrien Canter, fondateur d'Alta Ares. « Sans IA, les drones intercepteurs ont un taux de réussite compris entre 35 et 45%. Avec notre système, ce taux monte à 65% et nous espérons atteindre les 75% en 2026. Cependant, il faut également déployer plus de radars pour couvrir les zones vulnérables », expliquait-il en novembre dernier.
Un enjeu stratégique pour l'Europe de l'Est
La menace des drones russes ne concerne pas seulement l'Ukraine mais également de nombreux pays situés à l'est de l'Europe, régulièrement confrontés à des incursions aériennes. Hadrien Canter souligne l'importance économique de cette solution : « Le déploiement de chasseurs de cinquième génération contre des drones Shahed coûtant 150 000 dollars n'est tout simplement pas viable économiquement. Notre approche offre une alternative bien plus rationnelle ».
Le Black Bird : nouvel intercepteur testé en conditions extrêmes
Fondée en 2024, Alta Ares ne se repose pas sur ses lauriers et développe déjà son successeur : le Black Bird. Doté d'un moteur turbo jet à essence, ce nouvel intercepteur a effectué avec succès trois vols tests dans des conditions climatiques extrêmes en Estonie.
« Nous avons pu le pousser jusqu'à 450 km/h avec des températures allant de -17°C au sol jusqu'à -25°C en altitude », détaille le fondateur. « Les opérations en conditions de froid extrême posent des défis considérables pour les moteurs à turbine. Notre déploiement réussi témoigne de la maturité opérationnelle de notre système pour les théâtres les plus exigeants de l'OTAN dans le Nord ».
Une collaboration stratégique pour la propulsion
Alta Ares a bénéficié d'un partenariat avec l'entreprise ALM Meca, basée dans le Bas-Rhin, pour la conception du turboréacteur. En Pologne, le Black Bird a même atteint la vitesse impressionnante de 670 km/h. L'objectif ambitieux de l'entreprise est d'atteindre Mach 1, soit 1 234 km/h.
L'IA Pixel Lock face à l'évolution des menaces
Le Black Bird, tout comme le X-Wing, est équipé de l'intelligence artificielle développée en interne par Alta Ares, baptisée Pixel Lock. Ce système identifie la cible à neutraliser et guide ensuite le drone intercepteur vers sa destination. Mais cette technologie doit constamment évoluer face à des drones Shahed qui se perfectionnent eux-mêmes.
« On a pu observer en Ukraine des Shahed équipés à l'arrière de capteurs Lidar. Dès qu'ils repèrent un drone intercepteur, ils effectuent des manœuvres d'évitement complexes. Nous devons apprendre à notre IA à reconnaître ces manœuvres et à s'adapter en conséquence », explique Hadrien Canter.
Des ambitions qui dépassent la lutte anti-drone
La prochaine étape pour les drones d'Alta Ares est particulièrement ambitieuse : abattre un missile de croisière. Un résultat qui n'est actuellement à la portée que de missiles sol-air ou air-air occidentaux, rares et extrêmement coûteux.
Une production 100% française et souveraine
Soucieuse d'une fabrication de drones « China et Itar free », c'est-à-dire indépendante des réglementations américaines sur le commerce des armes et des composants chinois, Alta Ares a lancé l'année dernière un site de production dans le sud-ouest de la France. Cette usine a pour objectif de produire entre 500 et 2 000 drones par mois.
Un nouveau site, davantage orienté vers la recherche et le développement, devrait être opérationnel en avril 2026 à Paris. Cette expansion témoigne de la croissance rapide de cette start-up qui positionne la France comme un acteur majeur dans le domaine des technologies de défense innovantes.