Créée en 2022 sur les fondations d’Aerospacelab SAS, une entreprise belge qui figure toujours à son capital, la société bordelaise Agena Space s’est spécialisée dans la mobilité des satellites au service de leur défense. La bataille de l’espace ne se limite pas à une course de vitesse entre grandes nations et à la course à la Lune, voire Mars. Elle se déroule aussi à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, en orbite. Les satellites font désormais partie des cibles des belligérants potentiels.
Un contexte de menaces croissantes
En 2021, la Russie a reconnu avoir détruit un de ses satellites, Kosmos 1408, via un tir de missile intercepteur. En même temps qu’elle polluait de débris l’orbite et provoquait l’ire de la communauté spatiale, la Russie envoyait un message : aucun satellite, surtout militaire, n’est à l’abri. Depuis l’épisode Kosmos, la mobilité et les stratégies d’évitement possibles sont devenues de réelles préoccupations.
La solution Rocket Pack
Aux États-Unis, une société, Impulspace, a pris de l’avance dans ce domaine. Mais à Talence (33), au cœur du campus de l’Ensam (Arts et Métiers), une équipe de 22 personnes, celle d’Agena Space, travaille à rattraper ce retard. Leur atout ? Une solution, le Rocket Pack, un système de propulsion monergol au peroxyde d’hydrogène. Ce moteur est conçu pour permettre des manœuvres rapides en orbite basse, pour que les satellites civils évitent des débris et les satellites militaires européens des « prédateurs » potentiels.
« Nous n’avons plus le choix, si nous voulons protéger nos satellites, nous devons faire en sorte qu’ils soient le plus mobiles possible et cela peut passer par cette technologie, que nous allons tester fin 2026 ou début 2027 via un tir d’Ariane 6 ou de Falcon. Une technologie que nous cherchons à industrialiser », précise Jean-Daniel Testé, cofondateur et ancien commandant interarmées de l’espace, avec Pierre-Guy Amand (ex-ArianeGroup).
Vers une industrialisation
Cette industrialisation passera par une levée de fonds. Agena Space espère la finaliser avant la fin du mois de mai. L’entreprise vise à devenir un acteur clé de la défense spatiale européenne, en offrant une solution de mobilité indispensable face aux menaces croissantes en orbite.



